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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 22:24
Ah mon gaillard !

Tiens diBrazza, mon pote de la Rue d'Où-Suis-Je?, toi qui réclame ta ration de rêves marins – comme si de vivre au bord de la Grande Bleue t'appelait à d’insatiables ivresses –, en revoilà donc des images de ma virée « debussyenne ». Pour ma part, je ne m’en lasse pas de les tripoter mes centaines de photos ! C’est te dire si j’ai de quoi tenir, jusqu’à plus soif. Gaffe tout de même à la biture.



Allons-y donc pour cette sixième rasade
(je sais tes sept palimpsestes, allez-y voir, c’es aussi une belle croisière), sans faux col, sur le thème du gaillard, celui du super cargo et ses 110.000 tonnes, dont plus de la moitié en camelotes mondialisées. Passons. Le gaillard d’avant – car il y a un gaillard d’arrière sur les voiliers, à l’arrière du grand mât. Ah mais !, c’est que je me suis aussi cultivé au long de ma « croisière » –, c’est là que sont installées les deux ancres et toute leurs époustouflantes machineries, sans parler des amarres, bollards, guindeaux, haussières, bonhommes et autres bittes – avec deux t, siouplaît, ne pas confondre. Là, je vous ai sorti le grand jeu, hein ? Voilà l’image. Ça, c’est un écubier, par où passent les amarres ou la chaîne de l’ancre.





























Je vous présente aussi un chaînon de la gourmette du bosco – elle doit faire dans les 350 mètres, si j’ai bien retenu les leçons de Didier, soit quatorze maillons de trente mètres. Je vous montre aussi le puits de chaîne (son écrin, quoi) et enfin son pendentif qui pèse dans les 12 tonnes.





Le gaillard, c’est le terrain de « jeu » du bosco Marcotte, Didier, le gars de Fécamp, ancien terre-neuvas. Pas un balaise, non. Mieux : un dur de dur – sans doute au cœur tendre. Qui se nourrirait d’acier et de grand large. C’est le maître des ponts, celui des manœuvres et des échelles de coupée, par où grimpent les pilotes avant d’accoster ou des passagers dans mon genre, quand le navire est au mouillage. L’ancre, les haussières, les garde-rats, tout ça c’est lui aussi, son domaine, pour ainsi dire son royaume. Il cause en direct-radio avec le pacha (le commandant) et, à son signal, après le « paré à mouiller », dévisse un grand volant rouge,déclencheur d’un vacarme d’enfer que même dans les systèmes dolby ou je ne sais quoi on n’entendra jamais !



Car la chaîne alors se met en branle, telle une armée de blindés nazis, qu’on dirait la fin du monde, avec des nuages de poussière rouillée. Et le bosco, alors, de freiner à mort pour arrêter le dragon ferraillant et soufflant par tous ses naseaux d’acier. « Un maillon au guindeau ! ». On souffle dans un silence noir, ou bien tout blanc, avant la ruade suivante. Jusqu’à ce que l’ancre, ayant plongé dans l’élément, trouve enfin la croûte terrestre pour y planter ses dents de monstre.




Restera enfin au bosco à hisser la boule noire au sommet du mât de gaillard. Dernier effort et ultime précaution du mouillage, comme on met le verrou en refermant la porte derrière soi.

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Published by Ponthieu - dans mon oeŒil
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commentaires

di Brazza 08/12/2005 04:23

C'est pas trop tôt. Avec toi, pour avoir une sixième page il faut faire comme avec Phrèze si on veut pas que sa poésie du Salundi arrive le Sajeudi: faut venir et revenir sans arrêt dans tes colonnes, le porte voix en main, comme si on avait encore l'âge de soixanthuiter : et vazy que je te manifeste, et vazy que je te réclame un sixième épisode et enfin ( mais uniquement parce que la RUE , d'où-suis-je ou d'ailleurs, d'ailleurs, a parlé ) le ma^tre de Céans s'agite et nous sort son écubier magnifique, si beau que déjà on est là à en redemander . On se dit qu'il devrait y avoir autant d'écubiers que d'hommes d'équipages : d'abord, ça les calmerait quand ils sont trop longtemps en mer, et puis chacun le sien pas de jaloux, et puis surtout ça nous donnerait l'assurance qu'à chaque nouvel épisode y en aurait un de nouveau d'écubier. Et ça c'est bien la raison la plus importante , qui fait que - malgré les rigueurs du froid et l'heure tardive je suis de nouveau là, porte voix en bandoulière dans les venelles de Venelles à attendre la prochaine parution comme d'autres attendent le nouvel Harry Potter.
Oui mais eux on les gate : ils ont même droit au film.
Amications nonmétavuleuralaquelljetécrises ?
dB