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9 février 2005 3 09 /02 /février /2005 23:00

10 février 2005

Jimmy Smith emporte son Hammond au paradis du jazz

Jimmy_smithCette fois j'y vais ! Elle piaffait dans son recoin depuis le début des temps (de blog), ma rubrique «Ça sent le jazz». Et puis, de tsunami en Auschwitz, la vague de l'actu m'a emporté. Avec elle, refoulée cette passion si lointaine et vivante, confinée en attendant à quelques disques et concerts, quelques parlotes entre intimes. Elle m'y amène pourtant aujourd'hui, l'actu, cette garce habillée de noir, qui vient de débarquer un proche. Jimmy Smith est mort ce 8 février, chez lui dans l'Arizona. Il avait 79 ans.

Je dis proche, oui, bien que ne l'ayant jamais approché «en vrai». Pas même en concert. Mais avec Bechet et Armstrong, c'est par lui que je suis né au jazz. C'était encore au temps du Teppaz, le solex des électrophones. Ado, je n'avais qu'une poignée de disques, dont trois de jazz. Dans l'ordre : un 45 tours de Sidney, avec Bechet Creole blues ; et deux 33 t.: Louis, avec St-James Infirmary, et le fameux Walk on the wild side du Jimmy. Avec quelques copains, les parents absents, on se le mettait à fond, et ça planait un max, sans shit.

À ceux pour qui ça ne joue pas : Jimmy Smith,c'est l'orgue, mais pas n'importe lequel, non, l'orgue Hammond. A l'origine, c'était l'instrument des églises états-uniennes vouées aux gospels. Il devint bientôt le type d'orgue le plus répandu dans le jazz. Le Hammond, cette chose ! Une sorte de monstre électro-mécanique avec des moteurs et des roues dentées, ses claviers et pédalier, sa grosse enceinte et son ampli. Une usine à lui tout seul, avec ses bruits de forge, ses rugissements de caverne et aussi ses envolées célestes. Jimmy Smith, c'était le Hammond incorporé, in the tripes, le swing en splendeur. Que ce soit en big band avec celui d'Oliver Nelson, ou bien en trio guitare-batterie, avec Kenny Burrel par exemple. Bref,le v'là envolé dans le cosmos.

Ici bas, il nous reste Eddy Louis et Emmanuel Bex parmi les plus connus*, en France, à encore oser cette machine increvable. Plus increvable en tout cas que son grand Jimmy de serviteur.

* La relève existe avec, en vrac : Benoît Sourisse, Christian Poulet, Bruno Micheli, Valéry Tarondeau. Pas de femme, on dirait.

10 février 2005 in Ça sent le jazz, mon JOURNAL | Lien permanent

Commentaires

Pas de femmes?? Et Rhoda Scott, la joueuse aux pieds nus? A+ Elie

Rédigé par : Elie BERAHA | 12 février 2005 09:20

Ça alors ! On dépose une tite crotte comme ça, en loucedé,croitait-on et voilà qu'un zorro, surgi d'on ne sait où, de soncinglant coup de fouet vous rectifie, ni une ni deux. Magie des blogset compagnie ! Merci Elie.

En effet, j'ai oublié Rhoda Scott ! C'est que j'énumérais des organistes français… Taratata ! : cette Américaine, qui vit en France,a été adoptée par le jazz de France, pieds nus compris (c'est qu'elle y va du pédalier !). J'y reviendrai peut-être.

Rédigé par : gponthieu | 12 février 2005 17:56

...je crois que vous avez oubliez Joey Defrancesco,....sans shit, ce mec la c'est du Jimmy tout cracher!!

Rédigé par : Phunkey | 12 février 2005 21:59

Pour les passionnés, 2 bootlegs russes de Jimmy Smith sont sortis en 2004:
- "Hobo flats" (1963) / "Keep on comin'" (1983) sur le même CD
- "Bluesmith" (1972) / "Livin' it up !" (1968) sur le même CD
Voir le site www.gemm.com
Ciao

Rédigé par : Pierre GILLET | 27 février 2005 22:13

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Published by gponthieu - dans Ça sent le jazz...
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