Partager l'article ! Michel Onfray, l'athéologue prêchi-prêcha: Michel Onfray, l’'athéologue prêchi-prêcha ...
Bien dit, je trouve pour appuyer mes réserves qui, finalement, atteignent le propos par la bande. Pourquoi nous asséner des pensées sous cette forme haletante ? Pour nous
empêcher de respirer, c'est-à-dire de prendre le temps de penser aussi, nous, librement, au rythme d’une pensée qui s’élabore, et à laquelle on collabore : travailler avec, avec l’émetteur qui
s’assure que « ça suit », avant que d’adhérer en « collant » (c’est bien le mot) à l’idée et, pour cela, faire usage des artifices de bonimenteurs ? Ça lui est parfois reproché, ce jeu de
séduction. A juste titre, je trouve.
J’exprime des réserves de ce type à d’autres formes d’expression [ne vous gênez pas, au besoin, pour me retourner le compliment…], comme dans certains films. Je pense aux récents films
documentaires comme ceux de Michael Moore ou, plus récemment, au film « The Corporation » (USA, 2004). C’est une charge contre
l’Entreprise considérée comme modèle fascisant. Ça part d’un angle pour le moins intéressant : « Si l'entreprise a légalement les mêmes droits qu'un individu, pourquoi se conduit-elle de façon
si peu humaine? » La question est assez pertinente pour n’avoir pas besoin de renforts douteux, à savoir une écriture proprement assommante, et même, je le dis : fascisante. Une écriture de
clips publicitaires qui, par définition et nécessité, nie le libre arbitre – nie carrément le destinataire en tant que récepteur pensant, capable de jugement que, d’ailleurs, il ne demande qu’à
forger. Dénoncer Nike avec les armes de Nike, non !
J’ai éprouvé un semblable tournis à entendre les conférences de Michel Onfray [retransmises par France Culture] dans lesquelles il paraît noyer son argumentation dans l’ivresse de ses [bons ?
pas toujours…] mots. De ce point d’ouïe, Onfray c’est l’anti-Debray.
Revenons à ses propos sur la presse en les replaçant dans l’ensemble de l’interview du Monde 2. On peut d’ailleurs s’y référer directement
sur l'extrait ci-dessus. On y voit que les journalistes à psychanalyser, selon lui, l’ont salement attaqué par une accusation de nazisme à peine déguisée ; ou bien le taxent d’extrême-droite ou
de « maître à penser des raéliens ».
N’ayant pas lu son Traité d’athéologie, je n’en dirai rien. Sinon que cette « parole athée dans le concert de chants grégoriens », comme dit son auteur, ne
peut évidemment que déranger l’ordre dominant des religions.
Et, au fait, quant à « psychanalyser le métier de journaliste », alors oui – et comment ! Mais après vous, je vous en prie…
- il propose une autre histoire de la philosophie que celle qui est traditionnellement enseignée
- de manière générale il incite ses auditeurs à remettre en question les évidences, à raisonner par eux-mêmes, à aller eux-mêmes vers les textes des philosophes.
En ces temps où les Français lisent de moins en moins et se gavent de télévision, c'est déjà pas si mal.
Son attaque contre les journalistes français est évidemment excessive. Pourquoi ne lui écrivez-vous pas pour lui demander de la commenter ? Il suffit d'aller sur son site pour lui écrire.
Et merci !
Je crois sincèrement que tu te trompes quant à Onfray et son oeuvre.
Il fait partie d'une minorité de penseurs français (Deleuzes, Foucault, Lyotard, Bourdieu, entre autres) qui remettent radicalement en question notre modèle socio-économique, source de misères et de frustrations.
J'étaye dans cette optique le point de vue de Onfray selon lequel les journalistes, en tant que chiens de gardes du système, se renient et par conséquent ne peuvent échapper à ce qualificatif de minables, même s'il est toujours impropre de généraliser. Je te renvoie pour cela aux livres de Bourdieu (Sur la télévision) et de S. Halimi (Les nouveaux chiens de garde) afin que tu te fasses une meilleure idée de la chose.
Cordialement
Mais j'avoue que c'est léger, juste une interrogation. Merci de ton alerte, la deuxième : ça devient sérieux ! Cordial salut.
M. Onfray arrive à déconcerter, par sa manière de les présenter, ceux qui trouvent de l'intérêt à ses idées. Trop empressé de les convaincre, alors qu'il en appelle à penser librement...
Mais tout n'est pas là. En tant que philosophe il n'interroge pourtant pas l'essentiel. Pourquoi et ce depuis toujours l'humanité entière a besoin de croire en un Dieu ? Simplement parce que rien ne peut la consoler d'être mortelle. Et parce que rien ne peut consoler un individu de ne compter aux yeux de ses semblables que pour ce à quoi il peut leur servir. Sans parler du désespoir dans la souffrance et le malheur, là où personne ne peut vous aider...L'idée de Dieu est-elle la béquille psychologique inventée comme appui, faute de mieux, par la Nature pour nous aider à y faire face ?
Vaste sujet...Je ne suis pas croyante, mais je comprends ceux qui croient. Quant aux violences de toutes sortes commises au nom d'une religion, je ne peux qu'approuver qu'elles doivent être démasquées et blâmées.
Quelques questions: c'est quoi une "administration platonicienne", comment ça marche "l'aura du vouloir hédoniste", comment peut-on "émasculer la philosophie"? Il semblerait que le matérialisme hédoniste ne puisse se passer des contes pour enfants.
Michel Onfray ? Evidemment, les supports médiatiques sont aussi ses moyens publicitaires... Mais, si on l'écoute bien, il en dit des "conneries". Par exemple, piètre connaisseur des textes bibliques auxquels il fait si souvent référence, il donne souvent l'impression d'être un rédacteur du "Sélection du Reader's Digest France Culture". Je respecte la pensée d'un athée qui ne fait pas commerce d'athéisme, mais j'émets des réserves sur le sérieux d'une pensée agglutinante, faite de bric et de broc : un peu de Kant, un soupçon de Feuerbach, mâtinée de Darwin... Bien sûr, je comprends la cause de sa foi en un Non-Dieu, lui, enfant victime du clergé complice du capitalisme, mais il me semble qu’il ne devrait pas s’attarder sur le doigt qui montre l’étoile.