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13 mai 2005 5 13 /05 /mai /2005 22:00

Fiche pratique. Comme Eddie Barclay, savoir bien réussir sa sortie médiatique


Vous voulez bien mourir, soit, mais pas dans l’anonymat. Comme nous le comprenons ! Spécialistes en médias-com’, nous pouvons vous aider à parfaire votre Plan Fin de Vie (PFV). Nous avons rassemblé ici dix conseils pratiques, remis à jour en nous inspirant de la riche et récente actualité. Nous nous servirons en particulier des enseignements fournis par Eddie Barclay à l’occasion de son décès. La disparition de ce grand homme, on l’aura sans doute remarqué, a été saluée par une presse unanime. On peut même parler d’une célébration. C’est pourquoi nous analyserons cet exemple encore tout chaud – si l’on ose dire.


Conseil n°1 : Être prévoyant. En effet, un Plan de Fin de Vie (PFV) doit se comprendre comme une assurance-vie. A ce titre donc, plus tôt on le met en place, plus il rapporte. Pour une rentabilité correcte, il vous faut compter sur un investissement d’au moins vingt ans. Si vous avec dépassé la cinquantaine, vous devrez penser au PAFV, Plan Accéléré de Fin de Vie ; évidemment il est plus onéreux, mais tout à fait adaptable à vos revenus. →

Conseil n°2 : Cultiver l’excès. Quelle que soit votre personnalité, vous devrez absolument parvenir à ce qu’en jargon tendance on appelle «être très». Très quoi ?, direz-vous… → conseils suivants.


C'était écrit : l'horoscope d'Eddie Barclay, alias Édouard Ruault

Conseil n°3 : Être « très » en tout et n’importe quoi, pourvu que ce soit avec excès. Homo, hétéro, bi, sado, maso, sado-maso, intello, bo-bo, gogo. La catégorie importe peu dès lors que vous serez aussi très riche. Si ce n’est pas encore le cas, gérez votre mise de départ avec intelligence. C’est le manque d’ambition qui est la vraie pauvreté. Mais quelle que soit votre fortune, vous devez activement devenir un adepte farouche de l’adage fameux selon lequel « on ne prête qu’aux riches ». La vraie richesse étant celle de la célébrité, rappelez-vous toujours qu’on ne la conquiert qu’avec la complicité active des médias. →

Conseil n°4 : Penser médias. Ce qui veut dire : à tout instant, jour et nuit, savoir vous donner en représentation médiatique. C’est la partie «Plan de vie» active qui, en toute logique, précède la Fin – application de cet autre précepte bien connu : la Fin justifie les moyens. Ainsi, toutes vos décisions, toutes vos entreprises et actions devront comporter leurs volets «médias». Ne pas renâcler à changer de blaze : Édouard Ruault, Jean-Philippe Smet, aux poubelles et vive l’Amérique ! A l’image des hommes politiques, votre action ne vaudra que par sa VAC (Valeur Ajoutée Communication). C’est la phase déterminante en terme de retour sur investissement. →

Conseil n°6 : Recenser les médias dignes d’intérêt. Étant entendu que tous le sont potentiellement, n’en négligez aucun mais accordez-vous des priorités afin de ne pas disperser vos énergies. Programmez des rendez-vous réguliers avec les journalistes sous des prétextes variés. →

Conseil n°7 : Pratiquer l’événementiel. Qu’il s’agisse de fêtes, de déclarations, de colloques savants, de concerts et autres manifestations sportives, culturelles, voire cultuelles ou seulement mondaines, tout – oui, TOUT – peut être prétexte à événements. Au besoin, faites appel à des agences spécialisées – nous pourrons vous en indiquer – dans ce genre d’activités. Elles entretiennent un service « relations presse » très performant, capable de mobiliser des bataillons de journalistes adaptés à vos exigences. →

Conseil n°8 : Ne pas négliger la phase finale. Votre Fin de Vie approche – restez réalistes, tout à une fin… C’est la phase délicate, surtout dans la mesure où on peut ne pas pouvoir la contrôler tout à fait. Comme Eddie, cependant, menez votre PFV jusqu’à son terme et sous trois conditions :

→ Mourir en bonne santé. Pas de décrépitude interminable. Les agonies trop longues finissent par émousser l’intérêt médiatique – à moins d’être pape – et votre image risque de se ternir avec la maladie. Comme Eddie donc, préférer le pontage coronarien (quadruple si possible) au cancer.

→ Mourir en fin de semaine, c’est impératif. Le week-end, en général et sauf imprévu, l’actualité s’assoupit et les gens sont plus réceptifs à l’émotion. Mais aussi et surtout, ce sont souvent de jeunes journalistes qui se trouvent de service dans les radios et les télés ; et les jeunes sont toujours plus prompts à relayer les nouvelles « pipole », ça leur plaît bien d’honorer les vedettes.

→ Être génial jusqu’au bout. Comme Eddie avec le Festival de Cannes, sachez mourir pendant un événement qui peut vous servir d’écrin mortuaire. Les journalistes pourront ainsi faire d’une pierre deux coups : parler de vous et, plus encore, faire parler de vous ! →

Conseil n°9 : Se méfier des concurrents. Évitez absolument les situations de concurrence déloyale type tsunami, mort d’un pape ou d’un prince.

Conseil n°10 : Pour résumer : Voyez Eddie ! Pensez Eddie ! Modélisez son histoire. Étudiez sa personnalité, son parcours, ses audaces, ses excès. Penser à ce qu’on retiendra de lui : l’homme à femmes – marié huit ou neuf fois, ça c’est excellent ; les folles nuits de St-Tropez ; les vestes blanches ; le champagne, les paillettes… Et aussi quelques vedettes par lesquelles il s’est fait valoir, et réciproquement. Tout un système édifié à partir d’une stratégie médiatique construite, méthodiquement construite. Mais une stratégie qui n’en avait pas l’apparence, subtile, fondée sur un système relationnel très poussé, très entretenu. Il faut dire qu’Eddie avait, comme on dit, « ça en lui ». C'était son destin. Qui ne l’a pas rencontré ne peut imaginer le rayonnement de cet homme, son charme, sa séduction [Ndlr : Ici le consultant s’égare… car il ne perd pas seulement un ami mais aussi une sorte, comment dire?, de mécène…]


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commentaires

gérard ponthieu 23/05/2005 11:11

A lire Le Monde du 20 mai, je vois que le "journal de référence" a détaché DEUX envoyés spéciaux à Saint-Germain-des-Près pour couvrir un événement de première importance : la gesticulation obscène du chobize célébrant les funérailles ("nationales"?) de leur héraut-héros.
J'attends dans l'impatience les suite tropéziennes selon Le Monde.

philippe U 17/05/2005 21:04

Si on vient sur ce blog-là, on peut se dispenser d'aller sur celui du monde.fr ?
On ratera rien au moins ?

argoul 17/05/2005 20:41

Pas mal, pour un décorticage de la "Une" médiatique ! J'admire, moi qui ai fais une thèse sur "URSS et mythologie - l'URSS dans la presse française 1982-1986".
Je ne sais plus trop ce que vous faites dans le civil (formation ?). mais y aurait-il moyen de travailler de concert ? Actuellement au chômage, je cherche à m'occuper. Votre vision m'intéresse - selon le slogan bien connu (qui a plus de 20 ans quand même).

Bien à vous,

Argoul

dibrazza 15/05/2005 19:02

Et en plus il épousait très-très trop-trop jeune : presque pédo le vieux , allez chiche on se fait une " marche blanche people à St Tropez" ?
Prière de teindre son caniche si ce n'est pas déja fait.

Amications bottinmondaines
dB

Dr Devo 15/05/2005 14:21

C'est vraiment très bon. merci.

Dr Devo.