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21 mai 2005 6 21 /05 /mai /2005 22:00

Irresponsabilité, raisons d’État : sale temps pour les médias

Contre-pouvoir, la presse devrait en effet jouer ce rôle. C’est sa première justification. Informer, ce serait quoi d’autre ? Et pour cela, il ne s’agit pas d’imaginer que les journalistes redressent des torts en permanence. Non, juste établir les faits de la société des hommes au plus près de sa complexe réalité. Cela suffit largement à occuper une vie de journaliste.

Cette fonction, pourtant, s’est amplement affadie, voire affaiblie depuis qu’une grande partie de la presse se fait laminer par des repreneurs industriels et/ou financiers, au même titre que telle chaîne de distribution.

En rayon cette semaine, en provenance de Grande-Bretagne, des États-Unis et de France (hors référendum !), nous avons quelques produits intéressants. Intéressants en ce sens qu’ils nous questionnent sur la finalité de certains médias. L’éventail va de la vulgaire crapulerie marchande à des affaires d’État, en passant par de louables tentatives de résistance.

→ Deux crapoteux tabloïds du magnat Rupert Murdoch, le Sun (britannique) et le New York Post (américain), ont publié vendredi des photos de Saddam Hussein en prison, dont l'une le montre en slip, déclenchant une enquête de l'armée américaine, les protestations de ses avocats, un regain d’agitation dans certains milieux islamique.

Les rédactions concernées disent avoir dû résoudre un « véritable cas de conscience »… Ben voyons.

→ Le New York Times a publié vendredi un rapport d’enquête très détaillé et accablant sur les tortures infligées à des prisonniers en Afghanistan par les forces américaines.

Le quotidien new-yorkais « de référence » cherche à se refaire une virginité journalistique après sa couverture peu glorieuse de la guerre d’Irak.

→ Newsweek à dû démentir son information selon laquelle des interrogateurs états-uniens de Guantanamo avaient jeté des exemplaires du Coran dans les toilettes. Ce démenti a fait suite à de très insistantes demandes de la Maison Blanche. Tandis que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) confirmait plusieurs cas de profanations du Coran, sur la base de témoignages recueillis auprès de prisonniers.

Hebdo plutôt proche des démocrates, Newsweek vit mal cette affaire ; il se voit traité de « Newsweak » (faible en infos) par CNN.

→ Affaire Borrel : censure et remous à Radio France Internationale

Un cas de censure à RFI (Radio France Internationale), a mis les journalistes en effervescence. L’affaire est liée aux rebondissements judiciaires sur la mort mystérieuse du juge Bernard Borrel, il y a dix ans à Djibouti.

Selon les syndicats et la SDJ (Société des journalistes), la direction de RFI a déprogrammé, le 30 mars, une heure avant son passage à l'antenne, un reportage consacré au combat de la femme du juge Borrel pour faire reconnaître "l'assassinat" de son mari. La Société des journalistes a d’abord obtenu que le reportage soit reprogrammé le 27 avril. Mais l’article correspondant, normalement publié sur le site internet de la station, a été soudainement retiré.

Origine de cette censure. "Vient-elle du PDG de RFI ? De la direction de l'information ? Du Quai d'Orsay ? Ou bien du président djiboutien, réélu à 96 % ?", interroge la SDJ dans un communiqué.

Rappelons que le président djiboutien, en visite officielle en France le 17 mai, était convoqué au palais de justice de Paris, le lendemain de sa réception par Jacques Chirac. Il a préféré sauter dans l’avion du retour.

→ Nuage de Tchernobyl sur la France : pourquoi le reportage d’Envoyé spécial a-t-il été déprogrammé ?

Prévu et annoncé dans les programmes TV pour une diffusion le 14 avril sur France 2, un reportage d’Envoyé spécial a été déprogrammé au dernier moment.

Ce reportage devait être consacré au mensonge de l’Etat français lors du passage du nuage de Tchernobyl sur la France en avril et mai 1986.

La veille, la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) avait demandé la mise en examen du Pr Pellerin dont ses propos de douanier sur les risques radioactifs font encore rigoler (jaune).

Considérant que M. Jacques Chirac était Premier ministre au moment du passage du nuage de Tchernobyl sur la France, le Réseau "Sortir du nucléaire" espère que la déprogrammation du reportage n’est pas le fait de pressions "au plus haut niveau".

 

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commentaires

Couturier Dominique 23/05/2005 23:37

OK merci de l'explication.
Mais des reportages d'Envoyé Spécial en ligne, c'est réservé aux heureux bénéficiaires du cable, je suppose.
Donc, normal que je ne comprenne pas, car le cable, pour nous, ça risque d'être dans longtemps. Et encore il faut qu'on s'estime heureux d'avoir accès à l'adsl depuis 8 mois!!!

Jean Louis 23/05/2005 09:27

Les reportages de FRI sont systématiquement mis en ligne. La direction de RFI a effectivement reprogrammé le reportage en question, mais ne l'a pas mis en ligne. C'est de cette censure dont il est question.

Couturier Dominique 23/05/2005 02:47

Je ne comprends pas cette histoire de déprogrammation d'Envoyé Spécial...

Je l'ai vu ce reportage. Donc s'il a été déprogrammé, il a ensuite été reprogrammé, non? Tu peux nous en dire plus?
Chirac était 1er Sinistre, et c'était qui à l'Industre?....
Ben cet ange de Madelin!