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30 mai 2005 1 30 /05 /mai /2005 22:00

Serge prend L'Express Dassault. Les journalistes menacent d’une grève


Serge Dassault, proprio de L’Express mais sans réel pouvoir sur le contenu, a dû recourir ce mardi matin [31/05/05] à un putsch, par lequel il a nommé un de ses proches, Rudi Roussillon, à la présidence du conseil de surveillance du magazine, contre l'avis du directeur de l'hebdomadaire, Denis Jeambar.

Les choses étaient dans l’air, ces dernières semaines – et en fait depuis le rachat, l’an dernier, par le marchand d’armes et d’avions qui rêvait de mettre au pas de ses « idées saines » cette rédaction trop rebelle à son goût.
On peut parier que c’est le dernier numéro [ci-dessous] et en particulier le violent réquisitoire de Denis Jeambar contre Chirac et ses dix années au pouvoir qui a été le détonateur.



Dassault, excédé par la ligne anti-chiraquiennes du magazine, a aussi songé à revendre l’ensemble du groupe Express-Expansion (Expansion, Lire, Classica et l'Entreprise). Des négociations sont en cours avec Roularta, premier groupe média en Belgique (magazines, journaux gratuits, télévision et radio).

Le conseil de surveillance de «L'Express», garant de son indépendance éditoriale, était jusqu'ici présidé par Jacques Duquesne. Mais ce dernier, ayant atteint la limite d'âge, devait le quitter. C'est à l'occasion de son remplacement qu'intervient cette reprise en mains du journal. Les autres administrateurs indépendants du conseil de surveillance, parmi lesquels Bernard Bruhnes et Jean Peyrelevade, ont été écartés et remplacés par des proches de Dassault.

Avec 120 oui et 9 non, les journalistes réunis à l'appel de la Société des Journalistes (SDJ) de l'Express ont voté mardi le principe d'une grève à partir du 2 juin et adopté une motion dénonçant « le coup de force » qu'ils qualifient de "diktat".

[Ça me rappelle quelques souvenirs, me trouvant à L’Express lors de sa reprise par James, dit « Jimmy », Goldsmith, hommes d’affaires franco-britannique et chantre du libéralisme – décédé en 97. Il n’était alors pas parvenu totalement à faire du journal sa danseuse soumise. Mais il l’avait quand même bien mis au pas, notamment avec la nomination à la rédaction en chef de son homme lige, Jean-Paul Pigasse, des plus marqués à droite, provoquant des départs en séries, dont le mien… Curieux destin que celui de cet hebdo au passé glorieux – encore honorable d’ailleurs à bien des égards –, tellement convoité par des affairistes en quête d’image, de notoriété, de représentation…].


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