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7 juin 2005 2 07 /06 /juin /2005 22:00

France Inter. Au 9e jour de l’Après, Paoli était toujours malentendant


Devenus durs de la feuille, Paoli et son équipe de France Inter, ont finalement développé une autite… Oui, une complication d’otite et d’autisme. Ils en ont donc appelé à un ORL, invité mardi matin [07/06/05], au « 7-9 » de la station. Dominique Wolton avait eu la prudence de se donner quelques jours avant de livrer ses réflexions post-référendaires, dans Le Monde notamment. A la radio, le sociologue des médias a lâché son diagnostic : un même mal, d’ailleurs ancien, a frappé médias et politiques ; ce n’est pas tant une surdité que, plus grave encore, un refus d’entendre. Hélas, ce qui a suivi montre que le traitement sera long, et le pronostic réservé.

France Inter, du service public, ayant été particulièrement sur la sellette pendant la campagne référendaire, il lui faut désormais se reconstruire une notoriété sérieusement écornée, tant sa militance a été imp(r)udente. Avec, pour effet – inattendu mais explicable – d’avoir renforcé le non et ses partisans. Ce qui n’est pas satisfaisant en terme d’information. La réflexion reste à bâtir sur le rôle et le fonctionnement d’une radio de service public et de ses journalistes.


            Stéphane Paoli, pilier d'Inter.                            Guetta, Monsieur 45 %


A en juger par ses propos à l’antenne, Paoli semble bien secoué. Un tel malaise, en effet, ne s’était jamais vu/entendu, je crois, entre une radio et son auditoire. D’autant que cette perte de confiance est le fait d’une implosion (silencieuse, rampante), et non pas d’une explosion qui serait due à une intervention extérieure, du pouvoir politique notamment. Non, c’est venu du dedans, sans qu’ « ils » s’en aperçoivent, comme en une sorte de contamination interne autant que pernicieuse. Il faudrait analyser ce phénomène de manière approfondie, avec rigueur, pour constater, sans doute, à quel point l’idéologie dominante demeure un concept pertinent.


J’ai donc pris la peine de transcrire par écrit la fin du « 7-9 » qui me semble significative, lorsque Stéphane Paoli tente une explication, ou plutôt une justification. C’est intéressant et appellerait à une analyse sémantique, surtout entre mots et lignes. Enfin, je vous laisse :

« Je voudrais que les choses soient claires, tout de même… Nous ne sommes pas là, ce matin avec Dominique Wolton, dans le champ de l’autocritique… Nous essayons de comprendre ce qui arrive au pays, ce qui nous arrive à nous, les médias, dans la façon que nous avons de traiter l’information… Mais encore une fois, la volonté de comprendre… Y a un auditeur, qui s’appelle Jean, qui nous envoie un message : « Votre petit mea culpa, dit-il, est risible ». Tant mieux si nous donnons à Jean l’occasion de rire… D’abord, c’est pas un mea culpa, c’est une tentative de comprendre ce qui est en train, collectivement, de nous arriver… Alors, bien entendu, personne n’est infaillible, personne ne prétend ici à France inter d’avoir raison sur tout tout le temps… Peut-être avons-nous donné le sentiment à beaucoup que nous étions favorable au oui… D’autres ont jugé, au contraire, qu’à un moment donné nous avons mis trop souvent le non en avant dans notre volonté ou tentative de vouloir équilibrer le débat… Euh… la vérité n’est inscrite nulle part. Mais c’est le moment et le temps, compte tenu de la situation du pays aujourd’hui, de nous interroger sur 1) : qu’est-il en train de nous arriver ? 2) Qu’en est-il du lien entre le pays et sa représentation politique – et le rôle des médias dans cet enjeu ? Voilà les questions que nous nous posons ce matin. Et encore une fois, je ne voudrais pas qu’on vous donne le sentiment que nous sommes en train de nous flageller. Non, nous essayons de comprendre. »


Un auditeur, à la fin, exprimant sa déception à l’égard de France Inter, termine par ces mots : «L’avancée, pour vous journalistes, c’est simplement : retournez sur le terrain, faites des enquêtes ! Voilà». Putain, le rappel aux fondamentaux du journalisme! Paoli encaisse, paoliment : « Oui… c’est le contact avec la réalité… » Peu après Wolton, il se croit tenu d’entonner un hymne à Bernard Guetta devenu – non pas le mouton, mais la bête noire d’à peu près la moitié (en projection statistique) des auditeurs d’Inter. En gros, a-t-il souligné pesamment, cet homme a bien du mérite, lui qui est "sollicité de partout" et qui a choisi, ce héros, d’être ici à France Inter «qui n’appartient à personne sinon qu’à vous, radio de service public» – eh oui, là est toujours bien la question, «cher Stéphane-cher Bernard». Bon sang de bon sang ! Mais comment faut-il vous le dire ?!


→ → → Merci de "poster" vos éventuels commentaires sur "C'est pour dire" (dans le but de les regrouper en un même endroit)

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