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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 18:19
Chez nous ça souffle !
Par André Faber

Les volets tremblent et j'entends ce que j'appelle les bimbelles, des trucs genre Nature et Découverte en bambou que la Marie-Line a accroché au dessus de la terrasse !
Et  Prrrrrr blit, blit ,blit que ça fait !
Et aussi un courant d'air dans le couloir mais impossible de lui couper la chique !
Le souffle vient peut- être de la cave, une fenêtre trouée pour le sèche linge !
T'entends les tuiles qui chantent !
L'échelle adossée aux pommier est  maintenant au milieu de la pelouse !
Ce matin, sur la route, la bagnole faisait des écart d'un mètre à gauche et à droite !
La terre se réchauffe !
T''achètes un manteau en solde mais faudrait peut-être acheter des palmes et un tuba !
Houuuuuuuuuuuu !
Les hauts de hurle vent !
la maison est en plein vent, !
On domine le village c'est vrai, mais ça siffle aux fenêtres !
Moi, j'aime bien !
Faudra que tu viennes !
Une bonne tempête comme le tonnerre de Dieu un aprèm chez ma mère quand on était gosse !
Ma mère avait baissé les volets et allumé les bougies !
On se cramponnait sur le canapé, une armée qu'on était, des gosses, avec les voisins, le Roland, la Jacqueline, le Gérard, le Gilbert !
Et ma mère a prié et tout !
Et après on a mangé des crêpes et tout était doré avec du miel et du sucre, des odeurs de crêpes, du noir et des lumières de crêpes !
Un temps à soupe de légume !
Un temps à crêpe de pomme de terre, tiens !
Houlà, ce parfum d'oignons, de friture, le parfum de famille quoi !
C'est comme ça que j'ai vu mon père pleurer, à cause des oignons râpés !
Et après, avec la mort de Kennedy !
Et avant, avec la mort de la mémé Frida, je l'entends hurler un matin et ma mère qui dit, non, non, Pierre, non !
Non, non, je ne sais pas quoi !
Il s'appelait Pierre, le Pierre, le Peter de l'usine d'Hagondange !
C'est le matin où on a eu un feu de cheminée, je voyais les flammes qui sortaient du toit en partant à l'école.
Et ça souffle !
Et ça soufflait sur la route nationale au dessus du canal, tous ces mecs à vélo, des centaines qui partaient vers l'usine !
Souvent il pleuvait !
Souvent, c'était souvent qu'il fallait aller à l'usine !
Je jouais à partir à l'usine sur mon tricycle à deux ans, j'allais derrière la rhubarbe et ma grande soeur m'apportait mon casse croûte d'usine !
T'as bien travaillé qu'elle me disait ?
Et j'aimais bien quand ça soufflait comme pendant la guerre !
Je planquais mes soldats en plastique - t'en avais un sac plein au stand à 100 francs - sous un camion, dans uns boîte d'allumette, avec du coton !
Il pleuvait toujours, les mecs s'enfonçaient dans la terre comme dans la 317° section et on finissait, mon frangin le Jean-Marie et moi, sous la table
de la petite pièce, avec nos soldats, parce que ça soufflait et pleuvait comme la vache qui pisse et les soldats embarquaient tôt ou tard dans une pantoufle pour traverser
la salle à manger !
Hein !
Et quand il faisait froid, on savait que St Nicolas allait passer, que la neige allait tomber et on dessinerait des cristaux à l'école et cette neige était chaude de notre enfance,
le fils du maire tiré en traîneau par son chien, le voisin qui avait fait une femme de neige magnifique avec des fesses et des nénés et à force de la lisser, voilà qu'il la casse en deux
et nous on se disait, faudrait que ça soit toujours Noël avec les cadeaux de l'usine, une ferme en carton, un avion à pile, un livre des mystères comme un coffre fort !
Et ça souffle !
Blam, blam, du côté de la terrasse !
Et le film reprend !
Moi j'aime bien, tu vois

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Published by André Faber - dans Hors sujet... tous sujets
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