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Françoise d’Eaubonne. Elle ne m’aura donc pas écouté: ne jamais mourir en été, canicule ou pas ! Trop triste que de partir trop seul, sans prévenir les copains, au moins. Elle est morte ce 3 août à Paris. J’apprends ça par les gazettes qui montent encore un peu la garde. Si peu. Que ni Le Figaro ni L’Humanité ne donnent la nouvelle, bon. Mais que Libé n’en fasse qu’une brève ainsi signalée : « Françoise d'Eaubonne, mort d'une pionnière. Cette militante et écrivaine, féministe de la première heure, disparaît à 85 ans. », en dit assez long sur l’amnésie d’un journal et sa mort politique – et journalistique.
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Quand je l’ai rencontrée en 1975, dans son petit logement vers la place de Clichy, à Paris, elle mettait la dernière touche à son livre Les femmes avant le patriarcat, paru en 76. Je souhaitais la faire participer, dès son premier numéro, à la revue Sexpol, sexualité et politique, alors en préparation. Elle accepta sans hésiter. « Un cas très ordinaire » est le titre du papier paru sous sa signature dans Sexpol n°1 où elle aborde, à partir de deux entretiens, la « réalité lamentable de l’obscurantisme et de la frustration féminines ». Il y eut d’autres articles et d’autres occasions de rencontres, l’époque avait ses exigences, et des urgences qui n’ont pas disparu.
Ainsi, en 1980, quand elle fait paraître Le Féminisme ou la mort, dont je ne résiste pas à recopier la quatrième de couverture, manière de lui laisser le dernier mot : « Deux fléaux menacent l’humanité tout entière : la surpopulation, et la destruction des ressources. On est bien obligé de constater qu’en s’appropriant jusqu’à présent la fécondité (des femmes) et la fertilité (du sol), ce sont les hommes et la société patriarcale qui nous ont menés à cette double catastrophe.
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