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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 22:00
Une journaliste tchadienne
condamnée à 12 mois de prison


Sy Koumbo Singa Gali, directrice de "L'Observateur", hebdomadaire de N'Djamena, a été condamnée le 15 août à 12 mois de prison ferme et au paiement de 100 000 FCFA d'amendes (150 euros) par le tribunal de première instance de la capitale tchadienne. Elle a été immédiatement conduite à la maison d'arrêt de N'Djamena, où elle rejoint trois autres journalistes condamnés en espace d'un mois à des lourdes peines de prison.

La journaliste était poursuivie pour avoir réalisé et publié une interview de Garondé Djarma, un de ses collaborateurs déjà incarcéré, dans laquelle il affirmait que son arrestation était une machination des "Djandjawids", les Arabes tchadiens. D’où la plainte du procureur pour "incitation à la haine tribale et au soulèvement populaire".



Dans l'entretien, Djarma accusait les membres arabes du gouvernement tchadien de conspirer pour le réduire au silence en raison de sa couverture du conflit du Darfour, au Soudan voisin, qui voit s'affronter des milices arabes et des rebelles d'ethnies africaines.

D'autres journalistes indépendants ont été récemment emprisonnés, dont Michael Didama, directeur de publication de l'hebdomadaire "Le Temps", et Ngaradoumbe Samory, également de "L'Observateur".

Face à la dégradation de la situation de la liberté de la presse au Tchad, JED, qui est le réseau d'alerte de l'OMAC (Organisation des médias d'Afrique centrale, dont le Tchad est membre) a dépêché sur place un de ses membres. Le délégué de JED a pu rencontrer, le 13 août, le ministre de l'Information, Hoummdji Moussa, et le 15 août, celui de la justice, Edouard Ngarta. Les deux ministres ont exprimé à JED leur incapacité à pouvoir mettre fin à l'escalade de la répression qui s'abat contre les journalistes et les médias tchadiens.

[Source : JED/IFEX, CPJ – Comité pour la protection des Journalistes, basé à New York]

→ J’ai bien connu Sy Koumbo, à N’Djaména, où elle présidait l’association des journalistes tchadiens tout en dirigeant « L’Observateur ». Être femme et journaliste au Tchad, comme en de multiples autres pays, est doublement méritoire. Elle et son équipe, ainsi que bien d’autres journalistes, n’ont de cesse de lutter pour une information libre sans laquelle la démocratie n’est qu’un leurre.
© Photo gp
→  Afin de les regrouper, merci de "poster" vos commentaires sur "C'est pour dire".
 

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