Qui n’aimerait pas le train ? Pour peu que l’on soit bien installé. Et même au risque du miracle : une aimable compagnie transformant le voyage en transport…
On peut rêver en attendant, ce que le train permet d’ailleurs, sauf…
…sauf cata. Hélas à peu près garantie dans les TGV en cas de réservation tardive. Ainsi serez-vous promis à ces détestables « carrés » et leurs quatre places en
vis-à-vis. Fort bien si vous arrivez en quartet formé, prêt à une tchatche effrénée, ou bien à une belotte. Mais gare à vous si vous êtes le quatrième larron, le gêneur, l’empêcheur de respirer
entre gens de même bonne compagnie. Et quand bien même vous seriez là en individuel, tout comme les trois autres, il vous faudra tricoter des canes pour parvenir à les allonger sans piétiner les
arpions d’en face. L’horreur. Le comble n’est toutefois vraiment atteint qu’avec la tronche de ce voisin imposé, qui vous lorgne du même sale œil que le vôtre… Sans parler des circonstances
aggravantes, genre casse-croûte à l’ail et haleine de Kro (nenbourg).
Exemple vécu tout récemment. L’image [ci-dessous] ne permet pas de voir mon voisin de droite, affalé comme les deux autres. L’image ne donne pas non plus le son,
soit trois flux puissants de ronflement comme autant de tracteurs au labour.
Le paysage, toutefois, trouvait un plus heureux dégagement moyennant une rotation de l’axe visuel d’environ 35 degrés. Mais, comme on le voit aussi [ci-desous],
limité par un écran politico-freudien autant que ponctuellement journalistique.
Ah, la compagnie du chemin de fer !
A Nice-Matin et au Point,
petits arrangements « de terrain »
Le quotidien Nice-Matin et l’hebdo Le Point, chacun sur son registre, viennent de se distinguer en termes d’éthique professionnelle.
En manchette plein pot et sous le titre "Acheter des armes de guerre à Nice? C'est très facile", Nice-Matin a publié le 15 février une photo représentant deux hommes tenant un pistolet-mitrailleur israélien Uzi et une Kalachnikov, « quelque part sur les hauteurs de Nice ». La légende ne précisait pas qu'il s'agissait d'une reconstitution. C’est un armurier qui avait fourni les armes pour les besoins de la cause… La tromperie sur la marchandise a contrarié Eric de Montgolfier, procureur de la République. D’autant plus que, selon lui, elle voulait appuyer une thèse sans fondement.
En vertu du "droit de rectification", Eric de Montgolfier rappelle dans Nice-Matin du 12 avril la "responsabilité de ceux qui confondent la liberté et la licence". Il affirme également n'avoir pas outrepassé ses attributions "en cherchant à (s')assurer que les faits relatés par (le) journal étaient exacts, éventuellement pour les établir et les réprimer le cas échéant" et "en demandant des comptes à ceux qui avaient cru pouvoir user d'un stratagème pour étayer un article propre à inquiéter l'opinion publique".
Dans un commentaire aux déclarations du procureur, Michel Comboul, PDG du journal (groupe Lagardère), maintient "la réalité des investigations" effectuées par Nice-Matin et dénonce "un interrogatoire très policier" des deux journalistes incriminés pendant cinq heures "avec pression morale et déstabilisation psychologique".
Le patron de Nice-Matin prétend que la photo controversée est "un montage nécessaire permettant aux lecteurs de visualiser une arme de guerre".
Observation n°1 : En admettant cette « nécessité », pourquoi l’avoir dissimulée au lecteur en n’indiquant pas le caractère fabriqué du document ? Ce qui aurait dissipé tout soupçon de manipulation. Ne pas faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est bien une façon basique de pratiquer le journalisme – laquelle étant à l’abri du délit de diffusion de fausses nouvelles, article 27 de la loi sur la presse.
Observation n°2 : S’il s’agissait désormais de débusquer dans l’ensemble des médias tout « article propre à inquiéter l'opinion publique », les procureurs de France, de Navarre et d’ailleurs n’auraient plus le temps d’inquiéter les voleurs de poules.
Un autre patron de presse connaît aussi des misères à propos d’affaires pas bien proprettes : Franz-Olivier Giesbert, directeur du Point, a été entendu mercredi comme témoin par la police. En cause, un article complaisant paru en 2005, acheté par un milliardaire libanais, Iskandar Safa, recherché par la justice. L’article en question faisait la part belle au PDG outrageusement victime d’une "situation kafkaïenne insupportable".
L'enquête a établi que le journaliste et homme d'affaires (bel amalgame) Marc Francelet, informateur du Point, a touché 150 000 euros du milliardaire pour le service rendu. Marc Francelet est en détention depuis deux semaines. Il était allé au Liban avec l'auteur du reportage, Jean-François Jacquier, lui-même interrogé comme témoin par la police. Iskandar Safa a payé le voyage et l'hôtel pour les deux hommes.
La société des rédacteurs du Point s'est dite "consternée". Elle a demandé à la direction du magazine "qu'à l'avenir, ce genre d'informateur n'ait pas, comme c'était le cas, porte ouverte au Point".
On notera au passage que Iskandar Safa, propriétaire notamment des Constructions mécaniques de Normandie, entreprise de Cherbourg, est mis en cause pour des versements d'argent inexpliqués à Jean-Charles Marchiani, ex-homme de confiance de l'ancien ministre de l'intérieur Charles Pasqua. Safa et Marchiani sont intervenus ensemble sur la libération des otages français (Carton,
Fontaine et Kauffmann) au Liban dans les années 80.
… ce dont on se souvient
Cet après-midi là, quand je suis sorti de la voiture, j’étais encore tout imbibé d’un moment passé à la radio avec l’architecte Paul Chemetov [France Culture, 27.01.07, entretien avec Frédéric Mitterrand]. « Tout monument va vers sa ruine » venait-il de dire, notamment. Et, à propos de monument, d’en rappeler le sens premier : « … ce dont on se souvient » […] « une croix de mission entre deux chemins d’Ardèche, c’est un monument, même si ces chemins sont des chemins de chèvres ». Il a aussi ajouté : « L’amour de la ville ne peut se construire sur la haine de la banlieue. » Au même moment, j’ai dû couper le poste parce que j’arrivais au Moulin à Jazz, à Vitrolles… un lieu dont je me souviens… Un monument ? En tout cas j’ai eu envie de saisir cet instant, ce qu’on appelle une photo.
mon Œil dans les Trésors engloutis d’Égypte
J'aime tellement ce mot de Jules Renard : « Il faut voyager pour agrandir la vie ». Notez le "pour". Car on peut aussi bien faire du sur place ou se rétrécir en parcourant beaucoup de kilomètres, en usant des tonnes de kérosène. Voyager pour découvrir d’autres mondes, d’autres univers, d’autres êtres surtout. Comme Ulysse, revenir autre, les yeux aveuglés de mille lumières. Dangereux ? Ah peut-être, comme la vie, maladie mortelle.
Ça s’est le voyage physique dans l’espace, et de manière indirecte dans le temps. Voyager dans l’Histoire aussi c’est agrandir la vie puisque, là encore, on va faire des rencontres, réaliser qu’on n’est pas les premiers sur terre, loin s’en faut. Et que plus on remonte dans le temps, plus on creuse (l’archéologie, la paléontologie), plus on plonge (leurs variantes sous-marines), plus on s’engouffre dans les abîmes de la Connaissance. La grande Ivresse.
J’en étais là l’autre samedi matin, ayant échappé aux grandes affluences parisiennes, pour me faufiler avec le fiston dans les « Trésors engloutis d’Égypte ». Une plongée, certes marchandisée comme le reste de nos sociétés modernes, sous la nef rénovée du Grand palais et dans le port antique d'Alexandrie, ses quartiers royaux, la cité perdue d’Héracléion dans la baie d’Aboukir et Canope Est.
On ne compte plus trop les siècles accumulés ni les mélanges de commerce, de science, de culture et de religion – tout un métissage de Mésopotamie et de pharaons, de Grèce et de Rome. Comme un souk savant et précieux, d’or et de poterie, intact ou seulement poli par des caresses marines, presque à l’abri du temps, englouti lors d’un séisme et ressurgi par les grâces du savoir, des techniques et du bizness. Pas de quoi s’en plaindre.
Voilà, j’ai donc aussi promené mon œil, ma caméra-stylo qui brave les « interdit de photographier » – et au nom de quoi, non mais ? Au nom de quoi, il y a deux ou trois millénaires, un sculpteur et un potier de génie auraient produit de tels chefs d’œuvres pour que des découvreurs s’arrogent sur eux des droits de propriétaires artistiques ?!
Notons que les musées du monde sont pleins d’œuvres ainsi littéralement volées à leurs pays d’appartenance. A commencer par le fameux musée des « arts premiers » du quai Branly qui font ensuite boutique de la moindre pointe de flèche néolithique reproduite en carte postale ou en boucles d’oreille.
C’est ainsi que les expos, et celle-ci des Trésors engloutis bien entendu, se terminent en supermarché avec ses « têtes de gondole », ses colifichets et ses monceaux de bouquins en promo.
Arbres à papier, arbres à coffrets, arbres à Faber
A quoi bon protéger les arts si on ne protège pas aussi les artistes, hein ? Voyez les galères des Amadeus, Vincent, Arthur. Ça leur ferait une belle jambe – surtout à Rimbaud – de voir tout ce pognon accumulé en leurs noms. Bref et tout ça pour rappeler ou annoncer aux nouveaux entrants ici que Faber, il n’y en a qu’un, vient de sortir ses « Chérigraphies », soit douze œuvres majeures indispensables à tout protecteur des arts ET des artistes. Douze sérigraphies érotiques dessinées par Faber en personne, à 99 exemplaires numérotés, format 30 x 40 cm, 2 couleurs, papier Rives 300 g, le tout dans un coffret « en bois d’arbre », frais de port offerts pour livraison quand vous voulez. Selon des conditions défiant toute concurrence et à voir avec Monsieur l’homme de l’art : André Faber, 12 rue la Fontaine, 57420 Verny. andre.faber@wanadoo.fr
Preuves à l’appui ci-dessus et dessous : images de fabrication et aperçu de la chose telle que parvenue depuis la Lorraine jusque dans les lointaines contrées provençales.
"L'homme n'est pas une marchandise comme les autres" (Sarkozy)
La dernière sortie de Sarkozy est excellente; elle a été captée par iTélé et reprise sur le site du Monde [11/11/06]. Le candidat de l'UMP, dans une de ses envolées incancatoires sur le libéralisme, la spiritualité, etc., monte monte et culmine avec: "…on ne fait pas n'importe quoi avec l'homme, qui n'est pas une marchandise comme les autres"? C'es vrai ça, c'est une marchandise pas si commode qu'on aimerait le croire à l'OMC ou à la Banque mondiale. Ou à l'UMP.
>>> Revue de presse quotidienne des journaux télévisés de la mi-journée.
France 3
I-Télé
SOUSCRIPTION D’ARTISTE. DOUZE FABER DANS UN COFFRET
MÉCENNAT– COPINAGE– PROMOTION– RÉCLAME– PLACEMENT– SOLIDARITÉ– DURABILITÉ– POIL AU NEZ– ET BIEN PLUS ENCORE, COMME DISENT LES BARATINEURS… Sauf que là, c’est pas du toc, vous pouvez réaliser tout ça à la fois.
COMMENT DONC ? En souscrivant au portfolio érotique de FABER. Soit douze chéri-graphies du dessinateur le plus connu de « c’est pour dire » – et donc de la blogosphère, et au delà.
QUOI AU JUSTE ? 12 sérigraphies dessinées par FABER en personne, à 99 exemplaires numérotés, format 30 x 40 cm, 2 couleurs, papier Rives 300 g, le tout dans un coffret « en bois d’arbre », frais de port offerts pour livraison en novembre prochain.
POUR QUOI, AU FAIT ? Pour « rien », pour l’art, pour la vie qui va.
COMMENT ET COMBIEN DONC ? Voyez avec l’artiste : André Faber, 12 rue la Fontaine, 57420 Verny. andre.faber@wanadoo.fr
Aux États-Unis, le Mouvement anti-guerre ne limite pas ses actions à la politique de W et des néo-cons'. Il l'étend, en toute cohérence, à l'autre guerre, l'indispensable, menée par les médias de masse. Illustration avec cet extrait du film d'
Arte, diffusé en juin 2006, sur le mouvement "
Not In Our Name"[Pas en notre nom]
Tout un monde au coin de ma rue (conte véridique du dimanche)
Mon pote Bernard me dit au bigo ce dimanche, à l’heure de la messe : «Ouf, ça va mieux, il pleuviote sur Paris !» [Notez le «sur» Paris, comme dans le Prévert de «il pleuvait sans cesse sur Brest». Je dis ça en passant parce qu’on parle souvent à la va comme je te cause, et on écrit aussi de même, agis que nous pouvons être par les modes de parlure, genre «au final», «on va dire», «je descends sur Marseille», «que du bonheur !» et autres formules frappées à l’emporte-pièce puis, on ne sait trop comment, propagées par une espèce de grippe-aviaire-des-mots, sans doute inoculée par les publicitaires, répandues par les feuilletons télé, les radios et toute la basse-cour médiatique. (Belle phrase, non?)]
Il me disait ça, le Bernard et, tels des ex de la coloniale, lui et moi on évoquait cette fois où sous une paillote de l’hôtel Chari à N’Djaména, complètement à la ramasse, on regardait notre thermomètre atteindre son Everest : 47° Oui, la canicule dix mois par an, sans clim ni parfois de flotte. Tu le ferais, toi ? «Des feignants ces nègres, tiens !» Ce genre de connerie qu’on finira peut-être bientôt par ne plus entendre, une fois nos climats bien déréglés. Et que peut-être aussi, à son tour, l’Afrique connaîtra les douceurs d’un Gulf stream. En attendant la glaciation. Ce qui, il est vrai et comme pour «le fût du canon», peut prendre quand même un certain temps. Ainsi qu’on le va conter.
Donc, de ce pas et sous le cagnard dominical, j’allais quérir ma gazette locale au tabac-journaux du patelin. C’est bien de sortir. Même pas loin, comme j’aime à dire aux apprentis-journalistes. Assigné à résidence dans mes espadrilles, je n’aurais rien su – pas cette fois du moins – d’une nouvelle horreur venant s’ajouter aux nuages d'ozone de notre noir avenir planétaire. Je n’en voyais guère de pire que les 4x4 diesel, genre fourgon funéraire pour riches, turbinant leurs 20 litres au cent, sans compter la clim’ pour garder le teint rosé. Mais t’as pas fini d’en voir, mon gars !
Ce gros machin fachoïde, là, garé sur l’emplacement du car, fenêtres noires et closes, moteur et clim en marche Pas croyable, un monstre ! Comme qui dirait Schwarzeneger – ouais, gouverneur de la Californie, où il a fait aussi dans les 45° ces jours-ci – en battle-dress macabre, casque à visière aveugle, des chromes comme des poignées de cercueil. Un machin de guerre américain mâtiné de corbillard soviétique. Un «hummer» ça s’appelle, que m’apprend le débitant – «Y a des revues là-dessus, voyez !». Regardez à votre tour (▲ photos ▼ piquées sur le oueb, j'allais quand même acheter un canard pareil!). Vous croisez ça à la nuit tombante rue Quincampoix, dans le quatrième, à Paris – supposons –, que vous ne savez plus dans quel trou vous réfugier, comme en 40 sous la Kommandantur.
Eh bien, y avait « ça » devant mon tabac-journaux ce matin ! Et « ça » était conduit par une dame élégante, venue chercher ses trois paquets de Marlboro. Et que même mon débitant lui a causé en anglo-provençal, vu qu’elle ne pipait pas le molière. Pas le moindre «Bonjour, Marlboro, trois, merci, r'voir». Que de l’angliche.
Je le lui fais remarquer à mon débitant, en lui prenant la Provence que du coup il me fait payer «ninety» – pour de rire. Et qu’il accompagne d’une vanne éculée, probable survivance d’un film sur les Viets, façon Schoendoerffer: «Dans un œuf, y a du jaune et du blanc ; cassé et mélangé, y a plus que du jaune, hé !»
Bon, je la ferme et me casse. La dame a rejoint sa case matte à moteur pour démarrer aussitôt comme à Dallas, seule à bord.
Eh eh, me fais-je in petto, si c’était Mrs Perle ? Oui : l’épouse de Richard Perle, conseiller et ami de W. Bush, l’un des néo-cons’ les plus influents à la Maison Blanche – et possédant par ailleurs une résidence dans le Luberon, je ne sais trop où, mais pas bien loin de mon tabac-journaux… Tenez, le v’là en photo ▲ dans sa bicoque provençale… La vie est belle. Allez, «à ciao !»
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