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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 14:14
Sarkozy. Du masque d'acteur à la personne, nous fera-t-il rire, sinon jaune ?


« I’ s’voyait déjà… » Il s’y voit même sacrément en haut de l’affiche – sur la plus haute marche –, et d’ailleurs il y sera peut-être. Cette possibilité serait dans l’ordre normal de toute élection – enfin, de toute élection normale consistant à choisir un président ou un(e) autre, selon les usages plutôt démocratiques, moyennant quelques excès – d’ailleurs surtout oratoires. L’Histoire récente a ainsi pu en voir passer une palanquée : des de Gaulle, des Pompidou, Giscard, Mitterrand et jusqu’à Chirac qu’on aura bien charrié et qui l’avait tant mérité. Mais de tous ceux-là, et sans remonter au Déluge politicien, on s’est toujours accommodé, et même lors des scrutins sans autre appréhension exagérée. Quand on est allé jusqu’à flairer le dictateur sous le képi du Général, ce fut, il faut le reconnaître, en une sorte d’enflure d’opérette, une de ces pagnolades dont avec le recul on ne se lasse pas de rigoler.

Mais Lui… Nous fera-t-il rire, sinon jaune ? La question est bien celle-là, posée autour de sa personne. Tant le propos et le geste, le parleur et l’acteur semblent multiples, insaisissables et comme tels angoissants. Persona en latin a d’abord désigné le « masque d'acteur » ; puis le « rôle » et  le « caractère », enfin l’« individu ». Amalgame tissé par l’étymologie, expression du destin des mots et de leurs sens. La « personne », incarne les choses et des mots dans la confrontation à la vie. Dépouillée de ses guillemets, la personne – toi, moi – c’est l’expression de sa propre histoire, de ce qui nous a faits au fil du temps et des expériences, qui illumine ou éteint notre regard, forge esprit et corps, jusqu’aux rides et cicatrices. C’est le fameux style, selon Paul Valéry.

Peu ou prou, toute rencontre entre humains en passe par cette sorte d’évaluation autour de la personne. Qui est-il, qui est-elle ? Quid du masque et de sa parole ? De cette congruence de l’être chez qui, en bon équilibre interne, la bouche et les yeux et le corps entier parlent un même langage.

Cela vaut pour chacun, y compris pour tout aspirant au Pouvoir. Et chaque rencontre humaine se voit plus ou moins assujettie à cette appréciation mutuelle. Alors on s’apprécie, ou pas. Selon les réglages réciproques des codes d’expression, ceux qui vont nous faire apparaître à l’autre, donner envie ou pas de se connaître.

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Bien sûr, ces processus d’approche sont par définition subjectifs et agis par des codes complexes, résultant eux aussi de ce que nous sommes et de la propre perception que nous avons de nous-même – l’idée de soi, plus ou moins haute, on le sait, et ça se voit… A quoi se mêlent les acquis culturels et idéologiques. Un fatras que cette « cybernétique » humaine, cette « mécanique » du vivant par laquelle chacun va tenter de se « gouverner » dans la vie.

Se gouverner, chacun se débrouille en n’engageant que lui – et aussi son entourage, certes. Mais quand il s’agit de cette prétention à gouverner les autres… Oui, quand il s’agit bien de cela, alors un peuple digne se doit d’y regarder à deux fois, de savoir à quoi l’autre va l’engager – en son nom et peut-être même dans son dos ! D’où les interrogations sur la personne – ou les deux personnes candidates, si on veut. Mais c’est l’une des deux qui me préoccupe, et même me fait peur comme jamais. Car tant de démonstration de sa part à prétendre qu’il a changé ; tant de mouvements d’impatience, de brutalité rentrée, de tensions corporelles, d’attitudes calculées ; tant de témoignages sur ses explosions colériques ; tant de puérilité confondante dans ses appels à l’amour des 60 millions de Français ; tant de refus à l’introspection, au questionnement de soi ; tout cela, soudé à une aussi insatiable boulimie de Pouvoir, tout cela m’effraie assez pour ne pas retenir un cri d’alerte !

C’est fait.

Et en même temps, je sais bien que la moitié de mes semblables humains, ci-devant citoyens de la République française, s’embarquent avec leur candidat dans les limbes d’une identification bienheureuse, sinon béate. Comme s’il s’agissait de la perception d’un autre monde, d’autres valeurs, d’une vision toute autre. C’est d’ailleurs le cas.

Je regarde cette photo [Michael Zumstein / Œil Public, Le Monde] ; elle me sidère. Ce sont des jeunes UMP, salle Gaveau à l’heure des résultats du premier tour. Serait-ce si différent au siège du PS au même moment ? L’euphorie militante ne conduit-elle pas à des emballements semblables avec perte du sens critique, et du moins de toute distance avec l’objet d’adulation ? Cette jeune fille au bord de la crise de larmes. Que recouvre au fin fond d’elle-même cette croyance qu’elle manifeste ainsi en une attitude de transe ? Et le cri si profond de ce jeune homme… quelle angoisse tout aussi profonde conjure-t-il ainsi avec tant d’énergie tendue ? Effet de miroir renvoyant l’image de l’icône adulée, le prophète qui conjure l’apocalypse : le Messie qui va apparaître.

« Je ne trahirai pas !… Je ne mentirai pas !… » martèle le présidentiable – sans doute à son intention, puisque personne ne lui en demande tant, comme s’il s’agissait de se persuader d’une non-évidence. Son plus grand ennemi : lui-même. Celui qu’il ne voudrait surtout pas connaître, ni rencontrer dans un miroir non complaisant, étalant ses ressorts intimes. Je repense à ce passage de son entretien avec Michel Onfray [voir à ce propos, sur ce blog : « Dans le comment de Sarkozy, le bruit de ses mots, le vacarme de son corps même »] , tel que celui-ci le raconte : « Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’État, puissent gouverner celui qui règne ! »

L’ego, rien de mal en soi ! Comment faire sans d’ailleurs ? Là encore, question de mesure – ou de démesure. Quand l’amour de soi atteint des dimensions exorbitantes, il exprime sans doute un manque de taille proportionnelle et aussi une grande souffrance. Tant d’effusions démonstratives, tant d’exigence d’amour. Avec Onfray encore : « Il affirme faire de la politique pour être aimé. “Comme tout le monde dit-il, parce que tout le monde a envie d’être aimé“. Étrange d’avoir choisi la politique, un monde en noir et blanc où l’on aime si peu, et où l’on déteste tant, même et surtout avec les protagonistes de son propre camp. En politique, il n’y a que des alliances opportunistes, des amitiés de tactique, des liaisons de stratégie aussi vite conclues que dénoncées. »

L’élection se noue autour de cette perception de la personne. De l’un ou l’autre des candidats. Pas tant sur les programmes, déjà largement étalés et, au fond, secondaires – qu’on le déplore ou pas. La surmédiatisation, surtout par l’image, a fait passer au second plan le débat de fond. La forme l’emporte. Mais la forme aussi fait sens – c’est « …le fond qui remonte à la surface », disait Victor Hugo. Je pense aussi à Charles Péguy : « Ne me parlez pas de ce que vous dites ! Parlez-moi de comment vous le dites ! » En quoi le débat du 2 mai sera déterminant pour la vérité exprimée par les personnes opposées. Non pas, je crois, qu’il fasse beaucoup changer les choix électoraux déjà prédéfinis depuis les profondeurs de chacun, selon son histoire, ses croyances et ce qui aura produit son systèmes de valeurs et sa vision du monde. Je ne saurais imaginer qu’un de mes confrères, rencontré il y a peu, appelant Ségolène Royal « la salope » puisse être sensible à quelque argument que ce soit…

Mais le débat prendra date pour l’Histoire. Et s’y chacun se reconnaît dans l’un(e) ou l’autre, que ce soit aussi au bénéfice du précepte socratique qui en effraie certain : « Connais-toi toi-même ». A quoi le philosophe grec ajoutait comme une promesse céleste: « Et tu connaîtras l’univers et les dieux ».
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 15:05
Présidentielle. « Je voudrais vous parler de sentiments », par Ariane Mnouchkine

Écrit par Ariane Mnouchkine, animatrice de la troupe du Théâtre du Soleil, le texte ci-dessous date d'avant le premier tour. En fait, il ne date pas du tout. Sa pertinence autant que sa sensibilité ne lui en confèrent que  pleine  actualité.

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection  présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il  s'agit aussi de sentiments.

Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de  craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un  sentiment de genèse.

Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée.

Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais  fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte  autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours. Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous  rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un  meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre.

Mieux que d'autres, par leur détermination, leur ferveur, leur  sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer  ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible. Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun  mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi.

Aucune goinfrerie. Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage.  Aucune mauvaise foi.
Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis  d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils  quémandent le suffrage avec tant d'insistance.

Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir.

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Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte.

Pas de vergogne.

Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: « Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là. » Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous  et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie  qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.

Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre.

Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai « Shopping Paradise » très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre - tandis qu'un troisième... celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous.
Une hibernation tranquille, peut-être ?

Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans... vous vous souvenez? Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages... les avons-nous déjà oubliés ?
L'horreur de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée?

La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages?

Moi, non. Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance. Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules.

C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour.

Encore un tour.

Jamais leur tour.

Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend.

Allons-y, bon sang ! Il n'y a plus une minute à perdre.

Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement.

Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante...

Je parle des couleurs de l'Europe à qui nous manquons et qui nous manque.

Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.
»

Ariane Mnouchkine
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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 20:02
Poutine-Kasparov, échec à la démocratie, par Faber
 
© andré faber
  

L'ancien champion du monde d'échecs et dirigeant d'opposition russe Garry Kasparov a été interpellé puis relâché par la police à Moscou, samedi. Il tentait de participer à une manifestation hostile au gouvernement russe de Vladimir Poutine. Des dizaines d'autres manifestants ont été arrêtés.

Kasparov a été remis en liberté après dix heures de garde à vue. Il a été condamné à une amende de 1 000 roubles (29 euros) pour trouble à l'ordre public. "Le montant de l'amende importe peu. Cela constitue un précédent et s'ils m'arrêtent une deuxième fois ils pourront me mettre en prison", a déclaré Kasparov aux journalistes devant le tribunal.

La police avait annoncé que des mesures sévères seraient prises à l'encontre de quiconque tenterait de prendre part à cette manifestation. Un autre lieu de rassemblement, le square Tourgueniev, avait été autorisé, mais la manifestation sur la place Pouchkine, en plein coeur de la capitale russe, à un kilomètre environ du Kremlin, avait été interdite. Organisée par le mouvement L'Autre Russie, une coalition hétérogène d'opposants, la "Manifestation du mécontentement" devait leur permettre de dénoncer le recul des libertés démocratiques sous la présidence de Poutine. [D’après AP, AFP, Reuters et Le Monde].
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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 17:01
Dans le comment de Sarkozy,
le bruit de ses mots,
le vacarme de son corps même



Ce n’est plus une question de programme politique. À ce stade-là, il s’agit bien davantage de question de fond, celle posée par la personne même, ce candidat là tout entier tendu – le mot est faible – vers le pouvoir. Ou plutôt le Pouvoir comme forme achevée de l’accomplissement, la pointe extrême de la pyramide, le dernier appui de l’ici-bas avant le nirvana. Je n’entends plus ses mots par leur sens, mais seulement par le crissement des cordes frottées entre elles, bruissant dans le raffut intérieur de cette musculature toute entière bandée vers cette conquête. Tout son être semble arqué dans cette unique direction. En faut-il, certes, de l’énergie dépensée, catalysée, compressée et défoulée pour ainsi produire tant de virulence ! A ce stade-là, ce n’est plus tant de l’ardeur que du priapisme politicien, élection et érection confondues.

Ce qu’il dit et dédit, quelle importance par rapport au comment. Et dans le comment – le style de l’homme, l’homme lui-même – il y a non seulement le bruit des mots, ce vacarme parfois, mais aussi tout ce langage du corps : tics et gestes, postures et trucs de bonimenteurs – et surtout ces éclairs terribles du regard, captés par les instantanés des photographes – voyez, celle-là de photo, publiée dans Le Monde du 7 avril [Philippe Wojazer, Reuters]. Terrible attitude du prédateur : la mandibule dans le dos de Mme Chirac,
le jabot enflé, le rictus carnassier, la jouissance du regard triomphateur. « Veni, vidi, vici » Ave César ! Car le corps, les gestes, tirés par les ficelles de l’inconscient, travaillent en arrière plan, agitent la marionnette – qu’est-ce qu’elle a donc à si souvent se tripoter le nœud (de cravate), à se renvoyer l’épaule en arrière (la toge atavique du sénateur romain ?), à jeter des regards torves de sentinelle en embuscade (« Père, garde-toi à gauche, père garde-toi à droite ! ») ? Et ces « mots » du non-verbal, justement, mentent moins que les laïus concoctés par les plumes nègres naviguant au gré des courants sondagiers. Même habillés en « programme », les baratins restent ce qu’ils sont, n’engageant comme toujours que ceux qui y croient.

Et puis il y a tout de même les mots. Et quels mots ! Passons sur les historiques kärcher et racaille, attiseurs de haine, armes de conflit. Mais il y a, au travers de multiples témoignages, ces formes du langage qui sont les plus parlantes quant à leur auteur et à son rapport à l’autre. Qu’il s’agisse de journalistes ou d’un  ministre. Rappelons l’esclandre du 18 mars à France 3 («Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder.») Citons aussi, cette conversation téléphonique avec Azouz Begag telle que rapportée par celui-ci dans son bouquin de rupture (Un Mouton dans la baignoire) : « "Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom... Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !" Je suis cloué à mon téléphone (...) Le ministre de l'intérieur m'a conseillé dans une ultime menace de ne jamais plus lui serrer la main, sinon il allait m'en cuire, "sale connard" que je suis. Je ne sais combien de fois il a projeté ces mots contre mes tympans. Je ne pardonnerai pas. »

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N’oublions pas que c’est le ministre de l’intérieur qui est censé parler à un de ses collègues du gouvernement de la République française, ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. N’oublions pas – enfin, le rappel est à destination des indécis, s’ils avaient encore, en traînant sur ce blog, quelque hésitation d’électeur… –, qu’un type pareil, maîtrisant bien moins son langage qu’un charretier, serait président de notre République ; qu’il parlerait donc en notre nom, partout dans le monde ; qu’il connaîtrait le code du feu nucléaire, lui cet excité, qu’on aurait vu le premier aux côtés de Bush et de Blair aller faire des moulinets militaires sous le nez de Saddam Hussein !

Il y a donc ces mots de blessure, de violence, de haine – autant parler du langage de la petitesse – l’homme est petit, qu’importe, il pourrait être grand et vouloir se hisser à plein dans ce qu’un Montaigne appelait « toute l’humaine condition ». Mais il y a, plus grave encore, les mots de la tête – opposés à ceux d’un corps finalement souffrant (je fais mon psy) –, ceux qui, en principe, émanent de la raison raisonnante. Pour dire qu’on doit s’y reprendre à deux fois, quand on se veut Président, avant de se risquer sur le terrain de l’inné et de l’acquis.

Au moins pourra-t-on lui reconnaître en l’occurrence la franchise de la brutalité, du non calcul, de la cohérence. Il tente aujourd’hui d’atténuer son propos, mais n’a-t-il jamais dévié sur ce point de la criminalité « génétique » ? C’est même LE point de rupture du candidat de la rupture ; celui qui d’ailleurs démarque de tout temps les valeurs de gauche de celles de droite. Du moins au stade philosophico-politique. Pour le reste, entre économie et social, bah, ce sera selon les alternances partisanes… Mais tout cela ne prend sens, vraiment, qu’autour de la question de la transmission ; selon que l’on croit ou non aux valeurs humanistes par lesquelles une société s'élève. Transmission par l’héritage génétique – ou le patrimoine héréditaire, y compris au sens aristocratique – ; ou transmission historique des valeurs de culture et de connaissance, qui ne peuvent transiter que par les passages de l’école et des apprentissages. D’un côté le Destin, les lignées, de l’autre l’action politique et sociale, les engagements. Bien sûr, l’Histoire a brassé ces antagonismes, précisément à partir de la Révolution française qui date cet affrontement et marque la naissance publique de l’esprit critique. D’où la portée symbolique de la décapitation du roi comme fin du règne absolu de l’esprit divin ici-bas, la Terre redevenant le royaume (républicain) des hommes (égaux… et critiquables !).

Qu’il vienne de Hongrie ou de Zanzibar m’importe peu. Moins que l’histoire d’une lignée, celle des Sarközy de Nagy-Bocsa, propriétaires terriens de la petite noblesse hongroise, chassés par l'Armée rouge en 1944 – ce qui parle autrement ; ce qui peut laisser à l’enfant Nicolas, Paul, Stéphane à la fois dans la bouche le goût de la cuiller d’argent du pouvoir, et à l’occasion, comme aujourd’hui, un certificat d’immigré pour se démarquer d’un Le Pen tout en chassant plein pot sur ses terres fangeuses.

Vulgaire, certes, et aristocratique. Rien d’incompatible à cela, toute lignée peut dégénérer. Un de ceux qui ont pu le constater c’est Michel Onfray. Il raconte sur son blog [je vous conseille le détour] comment il s’est retrouvé face au ministre-candidat lors d’un entretien le 20 février place Beauvau, arrangé par la revue Philosophie magazine. C’est un récit assez hallucinant d’une rencontre en deux temps – sauvée de la… rupture par un coup de téléphone – qui décrit une charge démente que Onfray présente du point de vue du manant (comme dirait Le Pen) écrabouillé au marteau-pilon par un seigneur féodal bardé de skuds, ou même plutôt par un « chef de horde ». Extrait :

« … l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue… »

C’est à ce moment-là que Sarkozy aborde la question de l’inné, qui refait surface aujourd’hui. Onfray poursuit son récit :

« Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne. Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.

« Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.

« A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.

« Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.

« J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : «  J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » :  une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique  ! »

En faisant ici le lien avec les courants néo-conservateurs étatsuniens dont un Bush est tellement imprégné, Onfray pointe aussi du doigt la filiation intellectuelle sarkozienne à laquelle se trouvent aussi reliés le créationnisme – si tout est dans le programme, il n’y a pas d’évolution et il faut brûler Darwin – et aussi la Scientologie. A propos de cette secte, rappelons la rencontre en août 2004 entre son plus fameux adepte et VRP, l’acteur Tom Cruise, et le ministre des finances d’alors. Les associations anti-sectes avaient protesté contre cette reconnaissance symbolique qui ne disait pas son nom. Dans son livre « La République, les religions, l'espérance » (Éditions du Cerf, 2004), Sarkozy considère qu'il faut refuser les « amalgames » entre les sectes et les « nouveaux mouvements spirituels ». Ça ne peut mieux aller dans le sens de la Scientologie qui use de tout son pouvoir de lobbying pour, justement, être reconnue comme un « nouveau mouvement spirituel ».

Rappel : ce n’est pas une opérette qui va se jouer le 22 avril. Le risque est autrement plus fort qu’un certain 21 avril. Même si un Le Pen reste embusqué, on a appris à « gérer » ses gros brodequins, à y enfouir la part ignoble de notre doulce patrie. Mais cet autre a surgi de derrière les fourrés, autrement muflé le bougre, fils adultérin de la Thatcher et de Berlusconi – à moins qu’il ne s’agisse de Reagan ou de Pinochet. Il y a toujours eu tant de prétendants au Grand bal du libéralisme ultra, là où sur le libre marché des gènes se perpétuent les grandes lignées des pouvoirs de l’argent.

Que seront nos fêtes prochaines sur les places de la République de France ?
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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 16:01
Le Fou du roi sur France Inter :
« Et pourquoi pas le breton et le corse ? »

par Christian Le Meut

Encore un grand moment de débat linguistique l’autre vendredi midi [19/01/07] sur France Inter, dans le Fou du roi, en présence d’Edith Cresson, qui sort un bouquin. Le débat tourne autour des langues pas bien enseignées en France et qui, en Europe, coûteraient "un milliard" (d'euros, je suppose) pour les traductions. Et rendez-vous compte, mesdames messieurs, le "gaëlique" d'Irlande et le "slovène" viennent d'être intégrés, ça fait deux langues en plus.

Ah oui, et alors ?

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Le gaëlique est langue officielle de la République d'Irlande, avec l'anglais, et aurait dû depuis longtemps être reconnu par l'Europe (mais les Irlandais ne semblent pas avoir insisté dans ce sens lors de leur adhésion en Europe). Quant à la Slovénie, adhérente depuis plusieurs années, pourquoi sa langue ne serait-elle pas reconnue et accueillie dans les institutions européennes, au même titre que les autres langues que sont l'allemand, le français, l'anglais, le danois, l'italien, le portugais, l'espagnol ?... C'est un simple principe d'égalité afin que tous les textes officiels de l'Union européenne soient accessibles à tous les citoyens européens, dans leurs langues nationales...

Mais cela ne semble pas avoir effleuré certains chroniqueurs et invités du Fou du roi. L'un d'eux, cependant, a rétorqué que cela ferait du boulot pour les traducteurs. Mais Stéphane Bern, le présentateur, a répondu que ces postes là ne sont pas occupés par des Français, trop nuls en langues... Mais l'Europe ne se réduit pas à la France ! Et quelle est la proportion de traducteurs français parmi les traducteurs employés par l'UE ? Nous ne l'avons pas su.

"Ils parlent français" Et puis les langues bulgare et roumaine sont intégrées elles aussi depuis le 1er janvier 2007 alors même que, selon Mme Cresson "Ils parlent français en Roumanie et en Bulgarie"... Ah bon, et dans quelle proportion, Mme Cresson ? On ne le saura pas. A croire que la planète entière parle français ! La Bulgarie et la Roumanie, en tant qu'États, font partie de l'organisation internationale de la francophonie, comme l'Égypte, cela ne signifie pas que tous les habitants de ces pays parlent français !

Un ami de retour de Roumanie signalait récemment, dans une soirée en langue bretonne où il parlait de son voyage, qu'il avait rencontré un Roumain parlant français, mais d'un certain âge. J'ai moi aussi rencontré, il y a quelques années, des Serbes et Kosovars parlant français (Ibrahim Rugova, leader des Albanais du Kosovo, parlait bien le français pour avoir vécu en France). Mais les jeunes générations parlent plutôt anglais, comme seconde langue... Leur langue quotidienne est, évidemment, leur langue maternelle.

Le "langage" des Chypriotes.  Mme Cresson a rajouté que les Chypriotes  entrés dans l'Union il y a quelques années ont également tenu à ce que leur "langage" (terme par elle employé) soit également reconnu, alors qu'ils "parlent tous" anglais là bas. Ah bon ? Et dans quelle proportion, Mme Cresson ? Nous ne l'avons pas su. Les Maltais n'en ont pas pris pour leur grade alors même que leur langue, parlée par 300.000 personnes (à peine plus que le breton !) est désormais langue officielle de l'Union européenne.

Un invité (que je n'ai pas identifié) a cru bon de rajouter que, si le roumain et le bulgare, le slovène et le gaélique, sont reconnues, pourquoi pas "le breton et le corse" ? Eh bien oui, pourquoi pas ? Le catalan, le basque et le galicien sont désormais des langues dans lesquelles on peut s'adresser à l'Union européenne, à charge pour l'État espagnol de traduire dans une langue officielle de l'UE. L'Union européenne est bien plus ouverte à la diversité linguistique que les chroniqueurs du Fou du roi, très en phase avec la politique officielle française dans ce domaine : il y a une seule langue officielle en France, rappelons-le. Les langues régionales sont tolérées, à petites doses...

Place des langues, place des femmes, même combat ?  Et Mme Cresson de stigmatiser la faible place des femmes dans la représentation politique en France : 13 % de députés, nous sommes avant dernier devant la Grèce... La Grèce, justement, avec la France, n'a pas, si ma mémoire est bonne, ratifié la charte européenne des langues minoritaires. Ce sont les deux seuls États dans ce cas au sein de l'UE, ils sont donc régulièrement rappelés à l'ordre sur ce thème (le traitement des minorités nationales), mais les médias ne relaient pas beaucoup ces critiques là...

La mauvaise connaissance des langues étrangères par les Français est revenue sur le tapis. On se plaint d'un côté de mal pratiquer les langues étrangères et, de l'autre, de la diversité linguistique qui serait un problème ! Ce ne serait pas un peu contradictoire ?  L'argument financier ne tient pas la route, il n'est qu'un prétexte. La diversité culturelle, linguistique, comme la diversité biologique, naturelle, a un coût. Il est vrai que l'uniformité peut "coûter" moins cher financièrement, mais son coût en terme de souffrances humaines, de  pertes culturelles et linguistiques est, lui, incalculable.

Nostalgie de la domination ?  Mme Cresson a rappelé que François Mitterrand ne parlait que le français. Mais il le parlait bien (ça, c'est moi qui souligne). Si les Français sont si "nuls" en langues – encore qu'il faudrait examiner ce cliché à la loupe –, c'est peut-être aussi à cause de ce culte de la langue française érigée en ferment d'unité nationale en France; culte associé à un mépris des langues régionales parlées dans l'Hexagone, et un mépris des langues étrangères (la française étant la plus belle, celle des Lumières, etc, etc.). Il y a aussi cette nostalgie de la domination qui fait que l'on regrette que l'autre soit différent, qu'il ne soit pas comme nous, qu'il parle une autre langue alors que la normalité, c'est de parler français, bien évidemment. Ne devrait-on pas plutôt se réjouir de sa différence ?

Ce qui transparaissait dans les propos tenus sur France Inter, c'est surtout une inquiétude face à la perte d'influence du français et le peu d'intérêt pour la diversité culturelle et linguistique dans sa réalité. Or la langue française sera sauvée parce qu'elle fait partie de la diversité et de la richesse culturelle et linguistique de notre planète. Dans ce sens, le combat pour les langues bretonne, corse, basque, occitane, alsacienne (etc. [et je dirais même plus : le picard ! NDGP…]), est le même que le combat pour la langue française. Mais peu de Français, juchés sur leur piédestal francophone (et souvent parisianiste), ont l'air de s'en rendre compte.
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Published by Christian Le Meut - dans Suites de "c'est pour dire"
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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 13:09

© andré faber
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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 20:31

L’OM, si proche si loin

Comme dit la rengaine, nul n’est prophète en son pays. Ces trois une de canards illustrent bien les néfastes effets de cette satanée et prétendue « proximité » qui ruine le crédit journalistique de bien des titres. Le Parisien seul prend ici une relative distance avec la nouvelle « affaire OM », celle de sa vente en cours.

S’il s’agissait du PSG, sans doute devrait-on retourner le compliment. Mais en l’occurrence, La Marseillaise (ex quotidien rouge PC) n’y voit que du vert et La Provence (Hachette) considère le marché conclu – même si l’édito relève qu’il est peut-être un chouia tordu : « La prudence reste forcément de mise. [… ;-)] Le groupe pharmaceutique Inyx, dont Jack Kachkar est p.-d.g., accuse une dette de 120 millions de dollars. »

À part ça, quid du pognon scandaleusement brassé dans le sport et le foot en particulier ? Quid du dopage des sportifs et des footeux en particulier ? Sur ces points au moins, les deux régionaux du match retrouvent le canard parisien. Lequel ne va tout même pas casser trois pattes à L’Équipe, son frère jumeau du même groupe (Amaury).


















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Published by Gérard Ponthieu - dans Suites de "c'est pour dire"
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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 15:25
Après les pantoufles, La Provence chausse des escarpins

J’ai assez balancé de mes « pantoufles » (bronze, argent et or surtout) à La Provence pour ne pas assurer le service après alerte. Le quotidien marseillais (160.000 exemplaires annoncés) est passé chez le relouqueur. Costard deux pièces – deux cahiers plus chicos, taille basse (format « berlinois », tiens, comme Le Monde qui, rappelons-le, s’intéresse au titre) –, quelques piercings aux oreilles, voire au nombril pour faire plus djeune. Bref, La Provence s’est mise au goût du jour, chaussant des escarpins et s’alignant sur la mode édictée par les tontons-maquettes en vogue. C’est ainsi que les canards finissent par se ressembler, comme sur la photo fétiche en haut à gauche de «c’est pour dire».

De fait, s’agissant de forme – certes ça ne mange pas de pain et c’était bien le moins pour ce titre bien ringardisé –, il est bon d’en changer, comme des pansements. Mais comme disait le bon Victor Hugo, «la forme, c’est le fond qui remonte à la surface». C’est donc là qu’on attend les vrais changements: importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse! Et sur ce plan, «c’est pour dire» garde l’arme à l’œil.


Pub d’amorçage pour la nouvelle formule. L’OM en costard, ça va payer !
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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 09:51

2007, résolution n°2 : buller à la Faber

© andré faber

 

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 15:54
2007, résolution n°1 : bloguer en solex

Si tant est que « c’est pour dire » fût dans la blogosphère une sorte de Cadillac, la version «plus», je la vois désormais en «moins», comme le solex de Mon Oncle. Cette image du film de Tati me plaît beaucoup. On n’en finirait pas de décortiquer sa charge symbolique et politique. Je la mets à mon compte, en espérant que les ayants droit de Monsieur Hulot apprécieront la citation à sa juste cause…

Donc, je range la Cadillac au garage de la rue Blanqui (la maison Colombani a relégué «c’est pour dire» au sous-sol de ses préférences – libre à eux de ne pas goûter la critique). Je ressors mon solex, celui de Tati et de mes quinze ans, tout pareil aux autres clones. Et vogue la liberté d’être et de penser !, à la Tati pour tout dire. Ce qui peut tout de même sembler prétentieux, ouais. En fait, je réduis la voilure blogo-chose. Après deux ans et six cents articles, les visiteurs de passage pourront trouver de quoi picorer dans la gamelle de «c’est pour dire». Quitte à ramener ma fraise à l’occasion. Ou à accueillir toujours celle de mes complices de plume et de trait, ces oiseaux sauvages et ce cheval lorrain, l’homme à tout Faber et grand mordu de Tati lui aussi.

Donc, rendez-vous à sauts et à gambades [Montaigne], pour des petites notes légères et court vêtues [La Fontaine]. Au moins, profitons du réchauffement planétaire…

Et autant que possible : bonne année !
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