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27 juin 2005 1 27 /06 /juin /2005 22:00

« Vu à la télé », et salement dézingué !


Je viens de me délecter de deux excellents papiers glanés sur la toile et, plus précisément, sur le site collectif franco-italien de Bella Ciao qui comporte une riche rubrique médias – sans parler du reste.

 

Première étape, un long papier de Danielle Bleitrach consacré à la dernière émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » dans laquelle s’est fourvoyé un Mélenchon qui, semble-t-il, fut littéralement cloué au pilori télévisuel. Qu’allait-il faire dans cette galère ? La question reste centrale s’agissant de ces shows (celui d’Ardisson en tête) qui pervertissent tout propos jusqu’au divertissement – c'est bien le but : détourner de l'essentiel. Pourquoi des politiciens aiment-ils s’y montrer, hein ? L’auteure aborde d’ailleurs la question en passant, mais concentre son analyse sur la forme médiatique du pseudo débat – pseudo en lui-même et pas seulement du fait qu’il soit mené par des amuseurs et non pas par des journalistes (la nuance n’est en l’occurrence qu’anecdotique).

On n’est pas obligé non plus de regarder ces conneries qui encombrent la télé. Mais si on le fait – ça m’arrive –, autant que ce soit aussi pour prendre plaisir à en comprendre les mécanismes. C’est ce qu’a fait Danielle Bleitrach, par penchant professionnel de sociologue. « Entendre les "bobos" à 2500 euros de loyer mensuel crier "à la déportation" en banlieue est riche d’enseignement sur l’évolution de la société française. », ainsi démarre-t-elle une pertinente analyse sur la fin de la « moyennisation » de la société qui avait permis de vraies avancées sociétales. « Face à cette situation, poursuit-elle, le monde paillettes et strass ne voit d’issue que dans le maintien de ses privilèges et donc dans l’accentuation du mépris des pauvres, qu’il s’agisse de ceux des pays occidentaux, que de ceux du Tiers-Monde. Ils vivent dans le danger permanent des hordes barbares. » « Si l’on ne mesure pas cette évolution sociétale, on ne perçoit pas en quoi ce personnel médiatique, ce petit monde de la presse est contraint à être ce qu’il est. Au niveau le plus général, celui de la piétaille journalistique, les conditions sont comparables à celles des salariés diplômés et qualifiés avec l’extension du chômage et de la précarité. Mais si l’on veut atteindre la direction du Système, participer aux allées du pouvoir, il faut payer son écho de corruption. C’est un monde soumis à une terrible concurrence pour ne pas tomber de "la charrette". »

Voilà pour aujourd’hui, je ne vais pas tout vous recopier, non ! Cliquer ici [Les enseignements d’une émission détestable – 26/06/05] ça vaut le coup – on dirait du « c’est pour dire » mais autrement – enfin, si j’ose dire…

Deuxième étape, d’un tout autre genre : un article du n°24 de CQFD (Ce qu’il faut détruire), intitulé « Le “Oui” repasse en tête ». Un délice de papier dans la tradition des grands pamphlets « à la française »  qui se perpétue depuis des siècles – au moins depuis le XVIIIe. Pas de références plus précises qui exposeraient Olivier Cyran à un dommageable gonflage d’ego. J’en ai trop dit, voyez ce début, et poursuivez si le cœur vous en dit, par la magie d’un clic :

« Deux jours après la grosse baffe du 29 mai, Christine Ockrent tenait salon sur France 3. Tout l’ancien régime y était réuni, rose et poudré comme à Versailles, continuant à déguster du Oui comme Marie-Antoinette de la brioche : un maître-sondeur (Stéphane Rozès), un expert aux cheveux oxygénés (Pascal Perrineau), un directeur d’opinion (Serge July), un socialiste (Pierre Moscovici) et quelques autres qui leur ressemblaient comme deux gouttes de verveine. L’un parlait du « front de la conservation sociale » forgé par les électeurs du Non, un autre postillonnait sur leur « xénophobie », un troisième s’affligeait de l’ère glaciaire qu’allait connaître l’Union européenne. Leur baratin déjà mille fois ressassé, mille fois réfuté, et que les urnes venaient de disqualifier pour de bon quarante-huit heures plus tôt, ils nous le resservaient comme au premier jour, vivifié par leur appartenance toute neuve à une minorité rebelle quoique archi-dominante. L’esprit pionnier de Lafayette...

« Cependant, nos marquis se targuant de causer au nom de la démocratie, au point de se confondre totalement avec elle, ils s’avisèrent que le « camp du Non » avait bien droit à un tabouret au bout de la table, près du rince-doigts en faïence et du crachoir Louis XV. Non bien sûr qu’il faille accorder le moindre crédit à ce que peuvent dire les vilains, les hétéroclites, les « extrêmes qui se touchent », les trop-Français, les pas assez-Français. Mais quand même, malgré les maladies vénériennes dont ils sont porteurs, malgré la bouse qui leur colle aux semelles, malgré leur rigidité fruste, leurs acquis sociaux fétides, leur peur irrationnelle du changement, ces gens-là existent. Rappelle-moi, ils ont même gagné une élection, non ? Alors il faut faire avec. Un peu, pas trop, presque pas. Juste assez pour égayer le banquet. C’est là où la décadence aristocratique toucha au sublime. Car qui reçut des mains de la douairière Ockrent le titre d’ambassadeur de la France des 55 % ? Sur quel bouffon l’amicale des seigneurs allait-elle se venger de la fronde référendaire ? Coupons court au suspens : Jean-Claude Bailly ! Oui, le patron de Force Ouvrière. Petite chose toute molle, sauf le respect. Bonne tête à claque, piètre orateur. Chaque fois qu’il hasardait un mot sur la « dimension sociale » du vote, la dinde Ockrent lui volait dans les plumes en caquetant : « ah ça, mais !... » Le Bailly en était tout ébahi. Pas moyen de finir une phrase. Dès qu’il gonflait les joues, l’autre lui claquait le bec. On ne l’a même pas vu partir.

« Ce qu’on a vu par contre, et avec fascination, c’est l’application avec laquelle les poudrés entreprirent de ne pas « se couper » totalement du peuple. Le peuple avait ses raisons, après tout. [… suite…]

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26 juin 2005 7 26 /06 /juin /2005 22:00

Brisons les dogmes : Vive Iter… au Japon et les JO… à Athènes !

In-sup-por-table suspens ! Comment allons-«nous» tenir jusqu’au 6 juillet, date de la décision du Comité olympique ? Comment allons-«nous» – aussi – tenir le coup dans l’attente de l’autre décision, celle qui concerne Iter, vous savez ce grand Vistemboire technologique censé nous fournir l’« énergie des étoiles » ?

Vistemboire : cherchez pas, ni chez Larousse, ni chez Robert. Le mot se trouve dans La Bête mahousse, un bouquin de Jacques Perret, années cinquante ; ça désigne tout et rien – surtout rien. Enfin, pour Iter, ça fera béton-neutrons-pognon. Les effets ? Hypothétiques, à part un chantier pharaonique, un chamboulement régional (c’est là que je vis…) sans doute supérieur, en proportions, à celui des JO à Paris. Oser élever la voix du doute sur ces tabous relève de l’apostasie tant le dogme est absolu, absolutiste, absolutaire… [c'est-à-dire : se taire absolument…].

Inutile d’ajouter que presse, journalistes et médias confondus font preuve là-dessus d’un Unanimisme majuscule qui va jusqu’à tsunamiser la gente écologiste. C’est pire encore que pour la mort du pape. Et pire que pour le référendum que l’on sait. Bref, Iter et les JO, on touche pas : c’est du sacré. D’où ce premier couplet sacrilège, aujourd’hui sur les JO.

Vive les Jeux Olympiques… à Athènes !

L'image « http://cbesnou.free.fr/jo/LaFlammeOlympique.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs. par Christian Le Meut

Beaucoup de boucan a été fait au début du mois de mars 2005 à propos de la venue à Paris d’une délégation du Comité international olympique. Paris est sur les rangs pour organiser les jeux 2012, en concurrence avec Madrid, Londres, New York et Moscou... Une délégation a circulé dans un Paris quasiment en état de couvre-feu pour ne pas qu’elle voit les manifestations qui avaient lieu ce jour-là. Et télés et radios de chercher à savoir si les délégués étaient contents de leur séjour, s’ils avaient bien mangé, si tel clignement de l’oeil pouvait être interprété comme un signe favorable... Même le président Chirac s’est prosterné devant les délégués... Un grand moment d’unanimité médiatico-nationaliste.


Et ces syndicats, quels inconscients ! Ils n’avaient même pas cru bon d’annuler leurs manifestations ! Quasiment des traîtres à la patrie. Ils ne se rendent pas compte de l’enjeu. La venue des JO créeraient 40.000 emplois en France et occasionnerait 35 milliards d’euros de retombées d’ici 2019, d’après mon journal quotidien... Et tout cela risquait d’être raté à cause de manifestations d’inconscients, pour de misérables augmentations de salaires...

Car c’est le paradis, que promettent les JO. Rendez-vous compte, 40.000 emplois... Bon, sur les deux millions et demi de chômeurs que comptent la France, ce n’est pas grand chose... Mais ceux qui n’auront pas trouvé d’emplois pourront au moins regarder les JO à la télé ! Et puis pensez à cette moisson de médailles en or que nos champions vont rapporter ! Bon, c’est vrai, là encore, on reste dans l’hypothèse...

Mais quand même, 35 milliards d’euros de retombées, mesdames, messieurs... D’où vient ce chiffre trouvé dans un journal, je ne sais pas, mais j’en ai trouvé d’autres dans Courrier international du 10 mars dernier. Un article d’un journal grec y est traduit en français. Il fait le bilan des JO d’Athènes qui ont eu lieu l’été dernier...

Le coût total des JO s’est élevé à neuf milliards d’euros au lieu des quatre milliards prévus... Or les caisses de l’État grec sont vides, d’après ce journal... Seuls 10% des sites olympiques grecs “sont aujourd’hui utilisables à des fins commerciales”. Certains stades sont transformés en refuges pour sans-abris, d’autres plus ou moins en décharge...

Et puis la grande fête populaire a été plutôt un flop. Les Athéniens eux-mêmes ont été incités par les autorités locales à quitter la ville pour laisser la place aux visiteurs, éviter de créer des embouteillages et une pollution supplémentaire. Ils sont partis à la campagne regarder les JO à la télé... Mais il y a eu moins de visiteurs que prévus. Certains touristes ne sont pas venus car, un mois avant le début des JO, les journaux du monde entier parlaient encore des installations non terminées. Certains étrangers ne sont pas venus par peur des attentats alors même que des mesures de sécurité importantes ont été mises en place pour un coût largement supérieur à ce qui était prévu...

Et tout ça pour quoi ? Deux des champions grecs parmi les plus connus ont été exclus dès le début des épreuves suite à un contrôle antidopage positif... Un vrai psychodrame national

Tout cela ressemble un peu à un flop olympique, dont on a peu entendu parler lors de la venue de la délégation en France... Mais dites-moi, messieurs Chirac, Delanoë et consorts, les millions que l’on consacre à une participation hypothétique à des JO aux retombées économiques également hypothétiques, ne pourrait-on pas les consacrer plutôt à bâtir des écoles ? Des bibliothèques ? Des lieux où débattre et philosopher, comme les Grecs anciens ? Car la Grèce n’a pas donné au monde occidental uniquement les Jeux olympiques, elle a aussi inventé la philosophie, et une forme de démocratie. Deux choses autrement plus importantes que des médailles en chocolat.

Alors non, moi, je ne vote pas pour Paris. Ailleurs les JO ! Partout ailleurs, mais pas à Paris. Le CIO va donner sa décision finale ces jours-ci. Je n’ose imaginer le psychodrame si Paris n’est pas choisie... D’où ma suggestion qui arrangerait tout le monde : Pourquoi ne pas refaire les jeux à Athènes, et définitivement, histoire de rentabiliser les investissements faits par la Grèce et de renflouer les caisses publiques grecques ? En voilà une idée qu’elle est bonne. Allez les Grecs !

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25 juin 2005 6 25 /06 /juin /2005 22:00

Libé outil de contre-pouvoir ? Racoleur et démago, oui !


par Mano Solo


Hier un poing levé sortant d'un écran rageur  hurlait du haut de la couv’ de Libération "Au blog citoyens ! " Quelle farce ! Avec une couv’ pareille on peut s'attendre à de l'action. Sur la couv il n'y a pas de guillemets, c'est bien Libé qui parle, "Au blog citoyens !" Alors on s'attend à plein de trucs en ouvrant le journal, Libé a peut-être lancé un serveur citoyen, gratuit, pour la parole du peuple, un outil internet quelconque permettant la fédération des blogs afin de s'auto défendre contre les tentatives de censures, la mise en place d'une aide d'urgence juridique aux blogueurs démunis face aux grosses machines qu'ils attaquent, des manifestation flash comme seul internet peut en organiser, des campagnes de pétitions, que sais-je encore... ?
 


Rien de tout ça. Le poing sur la couv’ n'est qu'un produit d'appel.
A l'intérieur on va lire l'histoire d'un blogueur qui se bastonne contre la mairie de Puteaux. Point. Comme dab dans ce journal de centre mou, le ton est complice avec la victime de tant d'infamie, mais juste le ton. On aura beau chercher la moindre miette d'engagement de la part de la rédaction, on restera sur sa faim. Comme si couvrir l'événement du seul coté de la victime, était un engagement en soi.

Cette histoire remplit, en comptant la couv’, quatre pages dans le journal. Si on enlève les photos, l'histoire du pauvre blogueur dans la merde n'en remplit même pas une. Le reste est rempli pour un quart de page par une pub, un édito mou explicatif et sempiternel sur le monde blog et son utilité, un autre quart de page sur un petit éventail exemplaire de blogs, un quart pour un sociologue et son analyse basique du phénomène, puis la petite histoire de la mairie de Puteaux à travers le portrait de notables despotes.

Au blog citoyens ! Vous y avez cru, internautes, enfin un média qui vous prend au sérieux, proche de vous, branché comme vous, qui oeuvre et vous rejoint dans votre combat pour la liberté d'expression...


En fait Libé a vu en internet une formidable manne de contenu poudre aux yeux, pour que dalle. Libé ouvre régulièrement ses colonnes aux internautes qui finalement remplissent une bonne part du journal sans aucun frais autre que celui de la gestion des forums. Ces internautes sont soigneusement triés sur le volet, dans le choix immense, pour aller dans le sens de l"objectivité" voulue PAR la rédaction. Évidemment ces gens ne sont pas rémunérés et comme on peut le lire sur leur règlement, on peut faire ce qu'on veut de ce qui est écrit chez eux, sans même être obligé de vous en avertir.

Libé flatte l'internaute en permanence, y'a pas plus grands becs que les internautes, Libé se gave de fromage. Ces pages entières, s'accumulant chaque semaine, mises bout à bout représentent combien de Libé complets à la fin de l'année ? C'est une bonne question à se poser. En termes de frais, les internautes à eux seuls, payent certainement plusieurs numéros du journal, si on considère l'économie réalisée par le contenu qu'ils offrent gratos.

Alors évidement vous savez où je veux en venir. On a tous fait sur cette liste de diffusion [ndlr : celle de Mano Solo] l'expérience du respect de Libé pour la parole de milliers d'internautes, qui pourtant leur était adressée personnellement. Vous avez été plus de cinq mille à mener une campagne de plusieurs semaines avec moi, pour réclamer un peu de respect et l'ouverture de leurs colonnes à mon droit de réponse. Nous avons bloqué leurs boites aux lettres des jours entiers, non pas de spams mais d'opinions réelles et critiques, sans que jamais ils n'en rendent compte nulle part. Ils ont fini par publier ma prose en l'amputant de manière manipulatoire, comme visible ici (y'a évidement des nouveaux sur la liste de dif, c'est pourquoi je refais l'historique).

Alors c'est quand même marrant que Serge July nous dise que Libé reste un outil de contre-pouvoir. Ça va avec le brossage permanent dans le sens du poil de l'internaute, quand sur les propos d'un sociologue on choisi de terminer l'entrevue par, parlant du blog : "Il permet en revanche d'élargir l'espace de la critique et de permettre à différents acteurs, à des microréseaux de s'exprimer, de porter justement une critique qui déborde les cadres et les canons traditionnels de la contestation.", c'est pas anodin, c'est purement racoleur et démago. Parce que le sociologue à très bien pu terminer sa phrase par "mais de toute façon vous en avez rien à foutre, car sans le relais des médias traditionnels, le net tourne en rond sur lui même. " Car les médias s'en servent autant qu'ils peuvent l'ignorer à loisir.

Un artiste disposant d'une force de contestation comme la mienne, même si sa motivation a pu paraître dérisoire pour beaucoup, c'est quelque chose de complètement nouveau. C'est quelque chose dont Libé se serait délecté de rendre compte... si ça leur était pas tombé sur la gueule, à eux. Alors, que ce soit bien clair pour tous, Libé adore, comprend, analyse sociologiquement et soutient la liberté d'expression d'internet, mais surtout quand elle fait là où on lui dit de faire et là où ça fait vendre du papier. Alors un journal comme Libé, on peut se dire que ça coûte vraiment pas cher à faire : l'AFP te remplit les deux tiers que tu n'as plus qu'à remodeler à ta guise, les internautes bouchent les trous et on investit sur quelques reporters, histoire qu'ils se fassent enlever sur le terrain, afin qu'on puisse endosser un costard de victime de temps en temps, très juteux en terme de communication. Elle va toucher combien, Florence, dans le bénéfice évident pour Libé dans cette histoire ? Je serais curieux de connaître l'évolution des ventes de Libé, tout au long du cours de ce long feuilleton bien entretenu, épisode Julia compris.

Tout ça pour vous dire que dans la vie faut pas se tromper d'amis. C'est facile, des amis on en a pas. Mano.

Vaut le détour : le site de Mano Solo [clips, photos, graphisme et même le calendrier de ses concerts].

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18 juin 2005 6 18 /06 /juin /2005 22:00

Folklore « breton » et dolmens suspects sur TF1

 


par Christian Le Meut


L’été est bien là, avec ses superbes couchers de soleil, à contempler au bord de la mer, en Bretagne par exemple. On y croise parfois des campings-cars dont les occupants ont fait des centaines de kilomètres, et qui passent leur soirée devant la télé... Avec TF1, qui ne faiblit jamais, ils sont servis : tout un « follklore » local vient à eux. La série de l’été, qui a commencé le 13 juin, s’appelle même "Dolmen". elle a été filmée pour une bonne part dans notre belle région, à Belle-Île et du côté de Brest, notamment.


Mais je m’en vais vous conter l’histoire : une jeune policière, Marie, jouée par Ingrid Chauvin, très belle femme, forcément, revient sur son île bretonne natale pour se marier. Mais, le lendemain de la noce, elle retrouve son frère mort sur une plage avec, dans la main, une lettre en breton, eh oui, en breton, sur laquelle est écrit qu’elle même est en danger... Suite à cette mort, du sang coule d’un menhir. Car c’est bien connu, les menhirs saignent...

Cette série n’est pas que policière, elle est aussi “fantastique”, cela ne veut pas dire formidable. Mais il peut s’y dérouler des choses qui ne se passent jamais en réalité... Les auteurs peuvent ainsi s’affranchir de trop de réalisme, et ça arrange bien pour faire passer le brouet qu’ils nous servent.

Or, des choses “fantastiques”, se sont produites lors du tournage de cette série. Ainsi les producteurs ont trouvé des Obélix lorientais pour leur fabriquer des menhirs tout neufs, 700 kilos la pièce, selon le journal Le Télégramme (12/06/2005)... J’espère au moins que les Obélix lorientais auront fait payer cher leurs menhirs, car 12,5 millions d’euros ont été dépensés, j’allais dire gaspillés, vous lisez bien, 12,5 millions d’euros pour réaliser cette série ! Avec cette somme, dites, on pourrait en produire des émissions en langue bretonne !... D’autant que leur durée se réduit comme neige au soleil pendant l’été...

Autre phénomène “fantastique” constaté dans cette série télévisée : les Bretons, quand ils fêtent quelque chose dans un bar, chantent ”Tri martelod yaouank” en dansant. Ah non, vous n’avez jamais fait ça vous ? Eh bien mon frère, oui ! Habitant Belle-Île, il a été embauché comme figurant pour Dolmen. Il a participé à une scène de fête dans un bar. On lui a mis dans les mains une bière sans alcool qu’il n’avait pas le droit de boire (elle faisait partie du décor), et on lui a demandé, à lui et aux autres, de chanter “Tri martelod yaouank”. Les paroles avaient été distribuées au préalable ! Avec leurs sous, les producteurs auraient au moins pu inviter Alan Stivell.

C’est bien connu donc, les Bretons chantent “Tri martelod yaouank” en dansant quand ils font la fête dans les bars ! C’est vraiment n’importe quoi; mais ce qu’il y a de bien avec la télé, c’est que tous les jours je trouve de bonnes raisons de m’en passer.

→ Allez donc plutôt admirer ce grand petit film :

"La Migration bigoudenn"


…Par une nuit de pleine lune, des Bigoudènes s'adonnent, sur une falaise bretonne, à un rituel... culinaire, proche d'une cérémonie de magie blanche. La crêpe ne se contente dès lors plus de sauter dans la poêle. Un vrai délice que ce court-métrage de deux minutes, réalisé par Eric Castaing, Alexandre Heboyan et Fafah Togora dans le cadre de leur 3e et dernière année d'études en cinéma d'animation à l'école des Gobelins, et qui vient d'obtenir le prix du jury du 32e Siggraph. [Cliquer sur l'image et laissez-vous fasciner – en haut-débit].

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17 juin 2005 5 17 /06 /juin /2005 22:00

Scientollywood-sur-Provence. Quand Tom Cruise embobine aussi des journalistes marseillais


Un fait div' bien chaud, l'autoroute fermée pour travaux,
l'OM – ah! l'OM –, et du Cruise incendiaire :
un vendredi chargé pour La Provence.

Normalement, en principe, si tout s’est passé comme prévu, bref : si La Provence a vu juste, depuis le temps qu’à pleines colonnes le quotidien marseillais nous en rebat les mirettes, et même pire… Eh bien, Marseille aura dû être mis à feu et à sang hier, vendredi. C’est en effet ce que nous prédisait le journal en claironnant la promotionnelle venue de Tom Cruise dans la « cité phocéenne » [ça c’est l’un des trucs très souvent répétés… pour éviter les répétitions…].

Donc, le lecteur a eu droit à toutes sortes de détails sur les affres du service d’ordre face à un «déplacement digne d’un (gros) chef d’État» et ses conséquences sur la circulation : tout le Vieux Port paralysé et jusqu’au Pharo, rues interdites, flics «sur les dents». Et ces questions si angoissantes : où va-t-il passer, dîner, dormir – qui, quoi, comment ?

L’attirail ordinaire pour un événement si extra-ordinaire, ah oui, au fait, autour d’un produit hollywoodien, un Spielberg à promotion de super-Marché mondialisé. Avec un «détail», comme aurait dit l’autre. Un petit quelque chose un rien dérangeant chez la star : son appartenance militante à l’Église de Scientologie. Tout le monde sait ça, peu ou prou, depuis sa rencontre avec Sarkozy. Mais les journalistes de La Provence ne semblent pas y attacher la même importance. Ce sera selon l’édition. Dans celle d’Aix, la star prosélyte est solidement pointée. On y apprend qu’un centre de Scientologie vient de s’ouvrir à Marseille, avec une antenne à Avignon ; et une avocate dénie toute coïncidence fortuite entre ces événements.

Mais pour les lecteurs marseillais, la «révélation» restera discrète avec un modeste encadré apparu tardivement vendredi, sous couvert de l’Association pour la défense de la famille et de l’individu.


Et surtout, ces lecteurs (de la « cité phocéenne ») auront droit à un billet fumeux qui schlingue le vieux fond de pantoufle [d’or, selon notre Palmarès – y avait longtemps, merci]. Si j’ai bien tout compris dans cet articulet [reproduit sur "c'est pour dire"] titré «Provoc» – n’ayant pas encore tout lu Freud –, les gonzesses du sectaire acteur [sectacteur : j’en deviendrais lacanien…], importent bien davantage aux yeux du billettiste que ses balivernes à la Travolta. Elles le dédouaneraient même, ces nanas sublimes. Surtout si l’une d’elles faisait une soudaine apparition marseillaise. Et que ce serait Penelop Cruz…

A la différence de ce que mon confrère dit de lui, moi je n’ai pas lu toute la presse pipole, ni même tout Gala. Mais je me suis fait expliquer que Tom et Penelop, c’est râpé depuis pas mal de Unes d’Ici Paris. Évidemment, dans ce domaine où les destins changent si vite de direction, faut suivre.

L’important n’est cependant pas là. Je le vois, une fois de plus, dans la démission par compromission, si caractéristique de l’institution médiatique régionale. Son refus de prendre la moindre position un peu courageuse a fini, le plus souvent, par lui faire rendre ce qu’il lui restait d’âme. Son avenir si incertain rend sa frilosité plus tétanisante encore.


En France notamment, les sectes sont condamnées au nom des droits de l’homme. Parce ce qu’elles les bafouent. Parce qu’elles nient le libre arbitre, et donc la liberté comme valeur fondamentale de chacun et des sociétés. Parce qu’elles procèdent par ruse et cupidité. Elles aliènent. Elles embobinent, c’est bien le mot, procédant par séduction et tromperie. C’est pourquoi cette «scientologie» tient tant à ses bobines de star à la Tom Cruise – 20 ans de «scientologie» active, ça compte. Ça compte même sacrément en valeur de com’, un pareil héraut à la jolie bobine qui tourne les têtes des minet(te)s, et de certains journalistes. Ne pas dénoncer cela quand on est journaliste c’est en être complice. C’est subir au lieu d’agir, c’est renoncer au noble, difficile et indispensable métier d’informer.

Informer, voyons… Bien sûr, ne pas occulter les faits. Une chose est d’annoncer la venue d’une idole. Une autre est de prendre le nécessaire recul journalistique, professionnel. Tom Cruise est un acteur hollywoodien qui soulève les foules – soit ! Et aussi un prosélyte de la «Scientologie» : deux sujets inséparables. Traiter l’un sans l’autre, ne pas les considérer à égale distance, c’est maltraiter la réalité du monde, c’est ignorer sa complexité – et en l’occurrence cautionner la duplicité de certains. Pour un journal, hélas, cela revient à mépriser son public. Tel est le maljournalisme, ravageur pendant médiatique de la malbouffe.

Quand, de plus, on le fait sciemment comme dans ce «billet», au nom de l’insouciance et du divertissement, ce n’est même pas de la connerie. C’est un déni journalistique.


PS. J’ai écrit ce papier vendredi soir. C’était sans connaître l’apothéose avec cette Une de La Provence de samedi [ci-dessus] , plus deux pages entières consacrées à l’Événement ! Le quotidien projette de passer au format tabloïd. Ça ne sera pas difficile, il en a déjà l’esprit – au sens anglais. Pourtant, ses prévisions d’horoscope ont été démenties, en dépit de son matraquage. Comme le note un autre billettiste, la « gigantesque bousculade » n’a pas eu lieu […], « le Marseillais est donc moins fada qu’on ne le dit ». C’est peut-être aussi qu’il lit La Provence de moins en moins, non ?

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16 juin 2005 4 16 /06 /juin /2005 22:00

Microsoft, collabo et censeur de la dictature chinoise


En chinois, « démocratie », « manifestation » et « droits de l'homme » sont de gros vilains mots interdits-caca-prison. N’allez surtout pas les écrire sur votre blog. D’ailleurs en Chine vous ne pourriez même pas ! Grâce à Microsoft. Merci Bill Gates, pour cette contribution à la Liberté. En effet, Microsoft vient de créer là-bas une société mixte pour étendre son empire par le biais de la version chinoise de son outil de blog, MSN Spaces. Un empire dans un autre, ça laisse entrevoir un sacré empilement de pognon. Déjà près de 100 millions de Chinois qui surfent – et ce n’est que le début.

Donc, face à de telles perspectives d’expansion mortifère, la firme impérialiste n’a pas hésité à collaborer avec la dictature impériale. Entre dominateurs, on se comprend. Le résultat est comme magique : Les gros mots, raconte le correspondant du Monde à Shanghaï, Brice Pedroletti, « lorsqu'ils sont dans l'“espace perso” de l'utilisateur, provoquent l'apparition d'un avertissement : “ Ce texte contient une expression qui n'est pas autorisée, veuillez supprimer cette expression.” La réactivité du cerbère électronique varie selon les combinaisons de mots et la période de la journée. Le mot youxing, “manifestation”, placé dans le titre, est rédhibitoire.»


Quand la censure n'est pas automatique, elle est exercée par une police de l'Internet, qui est présente dans 700 villes. Il y aurait entre 3 à 5 millions de Chinois à tenir un blog. « Sur www.yourblog.org, raconte le journaliste du Monde, une internaute chinoise qui avait donné son récit des manifestations antijaponaises à Pékin, le mois dernier, explique que certains mots ou certaines phrases ont été automatiquement effacés de la version initiale de sa page. En mars, le gouvernement chinois a annoncé que tous les «blogueurs» et détenteurs de sites devaient être dûment enregistrés auprès du gouvernement avant le 30 juin. S'ils n'obtempèrent pas, leur site sera supprimé. »

Les collabos sont à l’œuvre. Ils font même du zèle, comme Newsweek – oui, vous avez bien lu, le fleuron-mon-cul des hebdos états-uniens plutôt libéraux –, qui épure son édition chinoise de certains articles estimés sensibles.

Comment dire ?… Beurk !… Big Brother, oui… Tellement usé, banalisé… Normalisé. Mais là, dites, voyez comme les qualificatifs vont manquer. On devrait pourtant en profiter, d’ici qu’ils déboulent dans nos ordi, juste avant d’envahir nos mots, nos pensées, nos cerveaux ! Enfoncé 1984 ! Au secours George !


→ Vous aurez tenté de cliquer sur le lien, hein ? Démonstration convaincante : dix fois ça marche pas, une fois ça marche – mais c'est du chinois !… En passant, je m’étonne toujours de trouver parmi les visiteurs de «c’est pour dire» deux ou trois Chinois – ou alors des expat’ vivant là-bas. Salut dans les deux cas !


→ Revoyez au besoin nos articles sur la « liberté » de la presse des journalistes chinois. Utilisez le gogol local (On est cernés : Google aussi collabore avec le pouvoir chinois).

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14 juin 2005 2 14 /06 /juin /2005 22:00


Terrible coup de vacherie dans le tunnel de Viande : cinq morts


J’aime bien les vaches – les vraies, hein ! Celles aux naseaux fumants avec des langues qui s’y fourguent goulûment. Autant vous le dire tout de suite : Je suis du pays de la vache, de la culture de la vache. J’aime leurs robes impayables, leurs yeux de mystère avec des cils qui le valent bien – largeos ! J’aime même leurs culs agrémentés d’une queue nonchalante – c’est mon côté chiraquien, et bien le seul d’ailleurs. Oui, je ne dénigre même pas leur bouse, que je ne saurais confondre avec de la vulgaire merde. Je les plains du viol des inséminateurs, qui les privent des assauts du taureau, les condamnent à produire du veau à escalope dégueu, du nestlé en poudre à récurer, du danone pour transit publicitaire. Et c’est pas tout, j’aime aussi leurs beuglements, surtout quand ils résonnent dans la brume comme une plainte métaphysique. Voilà, oui, j’avoue : je suis vachophile.

Alors, quand une dépêche AFP[14/06/05 -13h26] m’apprend ce qui suit, comprenez que j’en sois vachement atteint. C’est donc le drame de cinq d’entre elles, apostrophées par les foudres divines, saisies par la peur panique, touchées par l’intelligence et finalement rattrapées par le Progrès qui tue…

MONTAUBAN (AFP) - Les principales victimes des orages annoncés lundi par Météo-France ont été, dans le Tarn-et-Garonne, cinq vaches percutées mardi matin par un train de fret alors qu'elles s'étaient réfugiées, ironie du sort, dans le tunnel de Viande.

Les ruminants, affolés par les orages qui ont frappé le département lundi soir, sont sortis de leur enclos à Montpezat de Quercy […] pendant la nuit et se sont réfugiés, dans le tunnel.

C'est là que les cinq vaches ont été heurtées par un train de fret mardi à 07H50. Les animaux n'ont pas survécu et la SNCF a dû mettre en place un système de circulation alternée mardi matin sur la ligne Toulouse-Montauban-Limoges.

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13 juin 2005 1 13 /06 /juin /2005 22:00

Une stèle glorifiant des anciens de l’OAS inaugurée le 6 juillet à Marignane


Ce n’est pas le premier monument du genre, mais ça en fera trois de trop : après Perpignan (Pyrénées-orientales) et Théoule (Alpes-Maritimes), une même association fait ériger une stèle à Marignane (Bouches-du-Rhône) à la gloire des « combattants morts pour que vive l’Algérie française ». L’information commence à s’ébruiter et un mouvement se dessine pour empêcher l'édification d’un tel monument. Après Libération et Le Canard enchaîné, La Provence [14/06/05] vient de publier un article sur le sujet. Le Mrap demande une intervention des pouvoirs publics. Une pétition a été lancée par la Ligue des droits de l’homme. Ici, c’est diBrazza, artiste-peintre et blogueur de haute volée qui proteste dans un beau texte qui mérite aussi le détour par chez lui.


CATHÉDRALES DE LA PESTE

Par diBrazza

"C'est de cela que Dieu est mort (nul ne l'a tué) : de l'incapacité dans laquelle il a tout à coup été de continuer d'endurer le mal que l'homme se faisait." Michel Surya


 Alessandro Bavari. Discostruzzione di un Eroe e recostruzione dell'Uomo

Évidemment, ça change un peu de mes billets habituels. Mais tout ceci me parait très important. Et je serais heureux que de votre côté vous agissiez dans le sens qui vous semblera le plus approprié pour obtenir qu'ICI et LA , à ce sujet ci ou à ce sujet là ON NE PUISSE PLUS CONSTRUIRE CES CATHEDRALES DE LA PESTE qui, sous un prétexte de réconciliation, ne sont que prétexte au retour au grand jour des vieux démons qui nous démangent. TOUS.



1 CERCLE DES HEURES ET DES JOURS

A l'heure où un grand nombre d'hommes et de femmes vivent suspendus au bon vouloir de tel ou tel groupe terroriste preneur d'otages dont nous sommes sans nouvelles
A l'heure où le monde entier vit dans l'incertitude de l'attentat, de la barbarie, ici, tout près, un peu plus loin ou dans des terres que nous ne visiterons jamais autrement que par l'intermédiaire d'un écran de télé
A l'heure où ici, tout près, un peu plus loin tant d'hommes, de femmes et d'enfants de toutes races, de toutes confessions, sont assassinés
A l'heure où les cimetières ont remplacé définitivement les jardins suspendus des nouvelles Babylone
A l'heure où nous reviennent Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun

Marignane, petite ville du sud de la France compte les jours qui la séparent du 6 juillet.
Le 6 juillet 2005, Marignane fête la Barbarie.
Elle inaugure un monument à la gloire des "fusillés de l'OAS".
La date a été choisie en hommage à Roger Degueldre, chef des commandos "Delta" de l'OAS à Alger. Condamné à mort, il a été exécuté le 6 juillet 1962.

2 - CERCLE DE LA MERDE

Marignane n'est pas la seule ville à fêter la Barbarie.
Le 5 juillet 2003, c'était Perpignan qui, à l'instigation de la même association (l'Adimad), a elle aussi érigé une stèle de deux mètres à la gloire de ses héros.
Soit, pour l'essentiel:
Degueldre, dont les groupes de tueurs ont commis des milliers d'assassinats ;
Bastien-Thiry, impliqué dans la tentative d'assassinat du général de Gaulle au Petit-Clamart ;
Dovecar et Piegts , tous deux impliqués dans l'assassinat du commissaire central d'Alger, Roger Gavoury.
Tous quatre condamnés à mort et exécutés.

« Il y a un mouvement évident de réhabilitation du colonialisme », dit Claude Liauzu, historien s'insurgeant contre les lieux de mémoire à la gloire de l'OAS, dans Libération du 10 juin. Le Canard aussi nous en avait touché un mot dès janvier mais voilà, on n’y avait pas fait attention.


3 CERCLE DU SANG

Ce qu'il ne faut pas oublier dans cette histoire c'est que, encore une fois, la République fout le camp. La tête sous l'édredon. En effet, où sont ils les grands ténors gaullistes Chirac et Villepin ? Et Sarkozy ? Et Gaudin ?

L'UMP, qui est bonne fille – et un peu putain, mais ne dit-on pas que toutes les "bonnes-filles" sont un peu putains ? – a accueilli à bras ouverts Daniel Simonpieri, maire Front national, puis MNR de Marignane. Est-ce parce qu'il fait maintenant partie de la famille gaulliste qu'il est interdit aux gaullistes de lui interdire de fêter ceux qui projetaient d'assassiner de Gaulle?

Est-ce parce qu'il va falloir compter sur toutes les voix, même les plus nauséabondes, pour espérer remporter le pompon en 2007 que tout ce beau monde se tait et planque le sang versé comme le nombre des victimes de l'OAS sous les tapis de son cabinet ?

Et la gauche dans tout ça ? On l'entend pas beaucoup – un euphémisme pour dire pas du tout.

Et à Marignane, qu'est-ce qu'elle fait la "droite droite" ( pas la droite d'extrême droite, la droite-droite !)? Elle ne fait rien.

Et la gauche, qu'est-ce qu'elle fait à Marignane ? A Marignane, y a pas de gauche. On sait pas où elle est passée la gauche. Depuis longtemps. Elle doit être sous le tapis, elle aussi. Mais pas pour les mêmes raisons.

Nota: L'ancien maire de Marignane, toujours dans le même élan, avait doté la ville d'une "Avenue du Général Salan", général de sinistre mémoire. Daniel Simonpiéri se place donc plus dans la continuité que dans l'innovation.

4 TIR GROUPÉ

La Ligue des droits de l'homme de Toulon nous invite à écrire ceci :

« Le maire de Marignane (Bouches-du-Rhône) a attribué à l’Adimad (Association de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française) une parcelle vierge dans le nouveau cimetière de sa ville. L’Adimad souhaite y ériger un monument à la mémoire d’anciens membres de l’OAS (Organisation Armée Secrète).

« Lors de l’inauguration, prévue le 6 juillet 2005, l’Adimad a le projet de rendre hommage à des activistes qui ont tous été jugés et condamnés en leur temps par la justice française. Citons, pour mémoire, Jean-Marie Bastien-Thiry qui a dirigé l’attentat du Petit-Clamart contre le Général de Gaulle, Roger Degueldre, chef des commandos « Delta », qui a organisé l’assassinat des six inspecteurs des centres sociaux réunis autour de Mouloud Feraoun, et, pour terminer, Albert Dovecar et Claude Piegts qui ont participé à l’assassinat du commissaire de police Roger Gavoury.

« Tous quatre ont été jugés, condamnés à mort (à une époque où la peine de mort n’avait pas encore été abolie) et exécutés. Certes, des lois d’amnistie ont été votées depuis la fin de la guerre d’Algérie, et cette période douloureuse reste l’objet de polémiques. Mais la sérénité ne pourra revenir que dans le respect de la vérité historique. L’érection de ce cénotaphe et son inauguration n’y contribuent évidemment pas.

« Nombre de nos concitoyens sont profondément révoltés par ces cérémonies qui se multiplient dans des lieux ouverts au public. Au delà de la provocation intolérable vis-à-vis des descendants des victimes de l’OAS, l’État ne peut pas laisser se dérouler des hommages parfaitement illégitimes en mémoire de ceux qui ont mené ces actions criminelles.

« Face à des agissements qui tendent à honorer publiquement des hommes dont l’objectif avoué était de détruire notre République, nous ne pouvons nous résoudre à la politique du "ne rien entendre, ne rien voir, ne rien dire".

« Nous demandons aux autorités responsables d’interdire cette inauguration ! »

Nous vous invitons à écrire dans ce sens à :

* Monsieur le préfet des Bouches-du-Rhône
Cabinet - à l’attention personnelle de M. Christian Frémont -
2 boulevard Paul Peytral - 13006 Marseille

* Monsieur le préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la zone de défense Sud
- à l’attention personnelle de M. Bernard Squarcini -
Préfecture des Bouches-du-Rhône
2, boulevard Paul Peytral - 13006 Marseille

* Monsieur le sous-préfet d’Istres
- à l’attention personnelle de M. Bernard Fraudin -
Chemin des Bolles
BP 648 - 13800 Istres

Envoyez une copie de votre lettre à :
* Michel Vauzelle
Président du conseil régional PACA
Hôtel de région - 27 place Jules Guesde - 13002 Marseille

* ou au conseiller régional de votre choix (à la même adresse).
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12 juin 2005 7 12 /06 /juin /2005 22:00

Un beau dimanche, donc. Et un trouble aussi…



Sans faire rabat-joie : avec Florence, ne pas baisser la garde pour un journalisme debout.



Florence et Hussein libérés. Comment ne pas en être heureux ? Comment ne pas célébrer le retour en vie, saine et sauve, d’un être doublé d’un symbole avec lesquels tout un pays – et même au-delà – s’est rassemblé et en partie identifié ? Tout cela se comprend. Mais avec un peu de recul sur la forme de l’événement, force est de constater, une fois de plus, que le spectacle s’est emballé et avec lui, la machine médiatique dans ce qu’elle a d’infernal. C’était à craindre, comme une malédiction annoncée – d'ailleurs énoncée par Florence elle-même.


Sur ce blog, ça n’a pas tardé : des tirailleurs embusqués m'ont déjà pris de vitesse [voir les commentaires] sur ce dérèglement qui, de nouveau, a saisi le système des médias. C’est qu’en peu de temps, nous aurons subi des orages médiatiques ravageurs – quoi qu’il en soit des causes soutenues : tsunami, papes, Airbus-380… Sans oublier le référendum. Ni, bien sûr, la libération de Chesnot-Malbrunot dont j’ai plusieurs fois pointé les limites de la décence journalistique, en particulier le 24 décembre, [OTAGES. Du journalisme autoglorifié, à la « Star Academy » de la communication].

Car trop c’est trop, une fois de plus. Même si Florence n’y est pour rien, sa libération a été littéralement sanctifiée et célébrée en direct, en continu, en boucle et en auto-célébration frisant la complaisance politique, journalistique et même corporatiste.

S’agissant d’un dénouement heureux qui, du même coup, clôt un événement, des records d’inflation ne sont toutefois pas à craindre. Déjà le lendemain, lundi, l’ordre des choses tendant à la normale avec des journaux qui avaient un peu recouvré la vue et le sens de la hiérarchie de la marche du monde.


Ce faisant, nous avons eu de la chance : Florence nous aura épargné l’ouverture des JT avec la déification de l’A-380 à la grand-messe aéronautique du Bourget – heureusement, les airbusolâtres se seront consolés avec Drucker sur France 2 et son émission si pro-européenne.

Faudrait-il s’y faire ? C’est-à-dire se résigner aux dérèglements médiatique, ou bien, comme pour ceux du climat, considérer qu’il est toujours temps d’agir pour éviter les catastrophes dévastatrices… Il est vrai que celle-ci ne provoque pas mort d’homme. Apparemment. Sauf qu’elle s’insère entièrement dans un tout, un ensemble systémique dans lequel un élément se trouve à la fois cause et conséquence. Ainsi en est-il de la guerre, comme celle d’Irak, résultante d’innombrables causes et conséquence de drames tout aussi nombreux et déplorables. C’est ce que décrit la théorie du chaos.

Ainsi la prise en otage de Florence – et tant d’autres, bien sûr – n’est-elle pas un accident. Entre, d’une part, la chaîne infernale qui a conduit à la guerre et, d’autre part, les chaînes du spectacle du monde, se trouve plus que jamais le maillon médiatique. Un maillon faible, sans doute, puisque tellement tiraillé de toutes parts : inter-média-ire. Et à ce titre, ses représentants, les journalistes apparaissent comme des proies idéales aux yeux des prédateurs modernes, profiteurs patentés des grands dérèglements de la sphère mondialisée.

Dans le champ de la Communication à tout va, acteur ou victime, le journaliste est l’otage parfait. Au point d’en être, selon les moments et les rapports de forces, sanctifié de toutes parts – transpercé de part en part, traversé par ces courants contradictoires du monde affolé, chargé de ses péchés enfin, puisqu’il peut aussi, à l’occasion, servir de bouc émissaire.

J’avoue craindre un peu en écrivant ces lignes iconoclastes. Car la pression est forte, l’emballement sans recul, la condamnation à l’affût. Mais je ne crains rien venant de Florence. Pas tant du fait qu’elle fut une de mes étudiantes au CFJ (Centre de formation des journalistes) – ce serait bien insuffisant dans ce débat – que pour ce qu’elle écrivit par la suite [et déjà reproduit sur ce blog], dont j’extrais ceci : « […] L'enjeu pour la presse se situe ailleurs: comment comprendre, pour pouvoir le dépasser, ce dispositif qui crée le monde de la représentation auquel nous sommes tous devenus extérieurs ? […] Mais résister à la virtualisation ne consiste pas seulement à se «positionner» contre elle. Le journalisme doit opérer une révolution en son sein, comme celle qui a agité il y a quelques décennies le monde des historiens. […] Aujourd’hui, une rupture de ce type est nécessaire pour résister à la domination écrasante du monde spectaculaire de la communication. »

C’est cela, en particulier, qui se trouve « compris » dans le sourire de Florence et aussi dans son rire mutin et distancié – celui du recul sur soi et de l’humour qui relativise l’ambition humaine. Sans doute est-ce cela aussi qui a été perçu par le « peuple de France », dans son identification à elle – certes un peu iconique : ce besoin de croire, toujours, et ce désir d’images – qui revenait à lui dire : « Tu es des nôtres ».

C’est en quoi Florence Aubenas ne saurait être médiatiquement correcte. En quoi, bien vivante et libre, elle va rester précieuse.


→ Afin de regrouper les commentaires, merci de "poster" les vôtres sur "C'est pour dire".
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7 juin 2005 2 07 /06 /juin /2005 22:00

France Inter. Au 9e jour de l’Après, Paoli était toujours malentendant


Devenus durs de la feuille, Paoli et son équipe de France Inter, ont finalement développé une autite… Oui, une complication d’otite et d’autisme. Ils en ont donc appelé à un ORL, invité mardi matin [07/06/05], au « 7-9 » de la station. Dominique Wolton avait eu la prudence de se donner quelques jours avant de livrer ses réflexions post-référendaires, dans Le Monde notamment. A la radio, le sociologue des médias a lâché son diagnostic : un même mal, d’ailleurs ancien, a frappé médias et politiques ; ce n’est pas tant une surdité que, plus grave encore, un refus d’entendre. Hélas, ce qui a suivi montre que le traitement sera long, et le pronostic réservé.

France Inter, du service public, ayant été particulièrement sur la sellette pendant la campagne référendaire, il lui faut désormais se reconstruire une notoriété sérieusement écornée, tant sa militance a été imp(r)udente. Avec, pour effet – inattendu mais explicable – d’avoir renforcé le non et ses partisans. Ce qui n’est pas satisfaisant en terme d’information. La réflexion reste à bâtir sur le rôle et le fonctionnement d’une radio de service public et de ses journalistes.


            Stéphane Paoli, pilier d'Inter.                            Guetta, Monsieur 45 %


A en juger par ses propos à l’antenne, Paoli semble bien secoué. Un tel malaise, en effet, ne s’était jamais vu/entendu, je crois, entre une radio et son auditoire. D’autant que cette perte de confiance est le fait d’une implosion (silencieuse, rampante), et non pas d’une explosion qui serait due à une intervention extérieure, du pouvoir politique notamment. Non, c’est venu du dedans, sans qu’ « ils » s’en aperçoivent, comme en une sorte de contamination interne autant que pernicieuse. Il faudrait analyser ce phénomène de manière approfondie, avec rigueur, pour constater, sans doute, à quel point l’idéologie dominante demeure un concept pertinent.


J’ai donc pris la peine de transcrire par écrit la fin du « 7-9 » qui me semble significative, lorsque Stéphane Paoli tente une explication, ou plutôt une justification. C’est intéressant et appellerait à une analyse sémantique, surtout entre mots et lignes. Enfin, je vous laisse :

« Je voudrais que les choses soient claires, tout de même… Nous ne sommes pas là, ce matin avec Dominique Wolton, dans le champ de l’autocritique… Nous essayons de comprendre ce qui arrive au pays, ce qui nous arrive à nous, les médias, dans la façon que nous avons de traiter l’information… Mais encore une fois, la volonté de comprendre… Y a un auditeur, qui s’appelle Jean, qui nous envoie un message : « Votre petit mea culpa, dit-il, est risible ». Tant mieux si nous donnons à Jean l’occasion de rire… D’abord, c’est pas un mea culpa, c’est une tentative de comprendre ce qui est en train, collectivement, de nous arriver… Alors, bien entendu, personne n’est infaillible, personne ne prétend ici à France inter d’avoir raison sur tout tout le temps… Peut-être avons-nous donné le sentiment à beaucoup que nous étions favorable au oui… D’autres ont jugé, au contraire, qu’à un moment donné nous avons mis trop souvent le non en avant dans notre volonté ou tentative de vouloir équilibrer le débat… Euh… la vérité n’est inscrite nulle part. Mais c’est le moment et le temps, compte tenu de la situation du pays aujourd’hui, de nous interroger sur 1) : qu’est-il en train de nous arriver ? 2) Qu’en est-il du lien entre le pays et sa représentation politique – et le rôle des médias dans cet enjeu ? Voilà les questions que nous nous posons ce matin. Et encore une fois, je ne voudrais pas qu’on vous donne le sentiment que nous sommes en train de nous flageller. Non, nous essayons de comprendre. »


Un auditeur, à la fin, exprimant sa déception à l’égard de France Inter, termine par ces mots : «L’avancée, pour vous journalistes, c’est simplement : retournez sur le terrain, faites des enquêtes ! Voilà». Putain, le rappel aux fondamentaux du journalisme! Paoli encaisse, paoliment : « Oui… c’est le contact avec la réalité… » Peu après Wolton, il se croit tenu d’entonner un hymne à Bernard Guetta devenu – non pas le mouton, mais la bête noire d’à peu près la moitié (en projection statistique) des auditeurs d’Inter. En gros, a-t-il souligné pesamment, cet homme a bien du mérite, lui qui est "sollicité de partout" et qui a choisi, ce héros, d’être ici à France Inter «qui n’appartient à personne sinon qu’à vous, radio de service public» – eh oui, là est toujours bien la question, «cher Stéphane-cher Bernard». Bon sang de bon sang ! Mais comment faut-il vous le dire ?!


→ → → Merci de "poster" vos éventuels commentaires sur "C'est pour dire" (dans le but de les regrouper en un même endroit)

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