Mort de Romano Mussolini,
fils du Duce et pianiste de jazz Romano Mussolini, joueur de jazz et peintre, fils du dictateur italien Benito Mussolini, est mort à Rome début février à l’âge de 78 ans.
On ne choisit pas ses parents – pas toujours, aurait objecté Françoise Dolto…. Toujours est-il que son père à lui, dans la vie, faisait dictateur. Prénom: Benito, mais il exigeait qu’on l’appelât le «Duce». D’ailleurs il avait inventé le fascisme.
Benito Mussolini a eu trois fils et deux filles. Romano ne l’a pas beaucoup connu. Il se souvient de lui comme d’un père attentif qui aimait la musique et avait pleuré au mariage de sa fille aînée. La dernière fois qu’il l’a vu, il avait 17 ans, en avril 1945, onze jours avant que le Duce ne soit tué. Il a raconté ça en 2004 dans un livre intitulé «Mon père Il Duce».
Donc papa aimait la musique mais, plutôt à la mode de ses amis nazis, grands opéras bien sûr, surtout nationaux. Au point qu’il décréta le jazz comme musique bannie en Italie. Sans aller jusqu’à dissuader Romano de devenir pianiste… de jazz.
Après la guerre, il gagna sa vie en jouant dans un orchestre, sous un pseudonyme, dans le sud de l’Italie. Le succès aidant, reconnu comme l’un des meilleurs pianistes de jazz, il reprit son identité réelle et forma dans les années soixante l’orchestre «Romano Mussolini All Stars». Lors de tournées internationales, il accompagna ainsi Chet Baker, Dizzy Gillespie, Duke Ellington, Lionel Hampton, etc.
Une de ses trois filles, Alessandra, est députée européenne, dirige «Alliance nationale», petit parti d’extrême droite, et fait amie-amie avec l’impayable Berlusconi.
Romano avait été marié à Anna-Maria Scicolone, soeur de l’actrice Sophia Loren. [Fin de la chronique jazzo-pipole.]