Complément de "c'est pour dire", blog de gérard ponthieu http://c-pour-dire.com/
Bien dit, je trouve pour appuyer mes réserves qui, finalement, atteignent le propos par la bande. Pourquoi nous asséner des pensées sous cette forme haletante ? Pour nous empêcher de respirer, c'est-à-dire de prendre le temps de penser aussi, nous, librement, au rythme d’une pensée qui s’élabore, et à laquelle on collabore : travailler avec, avec l’émetteur qui s’assure que « ça suit », avant que d’adhérer en « collant » (c’est bien le mot) à l’idée et, pour cela, faire usage des artifices de bonimenteurs ? Ça lui est parfois reproché, ce jeu de séduction. A juste titre, je trouve.
J’exprime des réserves de ce type à d’autres formes d’expression [ne vous gênez pas, au besoin, pour me retourner le compliment…], comme dans certains films. Je pense aux récents films documentaires comme ceux de Michael Moore ou, plus récemment, au film « The Corporation » (USA, 2004). C’est une charge contre l’Entreprise considérée comme modèle fascisant. Ça part d’un angle pour le moins intéressant : « Si l'entreprise a légalement les mêmes droits qu'un individu, pourquoi se conduit-elle de façon si peu humaine? » La question est assez pertinente pour n’avoir pas besoin de renforts douteux, à savoir une écriture proprement assommante, et même, je le dis : fascisante. Une écriture de clips publicitaires qui, par définition et nécessité, nie le libre arbitre – nie carrément le destinataire en tant que récepteur pensant, capable de jugement que, d’ailleurs, il ne demande qu’à forger. Dénoncer Nike avec les armes de Nike, non !
J’ai éprouvé un semblable tournis à entendre les conférences de Michel Onfray [retransmises par France Culture] dans lesquelles il paraît noyer son argumentation dans l’ivresse de ses [bons ? pas toujours…] mots. De ce point d’ouïe, Onfray c’est l’anti-Debray.
Revenons à ses propos sur la presse en les replaçant dans l’ensemble de l’interview du Monde 2. On peut d’ailleurs s’y référer directement sur l'extrait ci-dessus. On y voit que les journalistes à psychanalyser, selon lui, l’ont salement attaqué par une accusation de nazisme à peine déguisée ; ou bien le taxent d’extrême-droite ou de « maître à penser des raéliens ».
N’ayant pas lu son Traité d’athéologie, je n’en dirai rien. Sinon que cette « parole athée dans le concert de chants grégoriens », comme dit son auteur, ne peut évidemment que déranger l’ordre dominant des religions.
Et, au fait, quant à « psychanalyser le métier de journaliste », alors oui – et comment ! Mais après vous, je vous en prie…