Complément de "c'est pour dire", blog de gérard ponthieu http://c-pour-dire.com/
Bref, et jen reviens à mes moutons médiatiques. Moutons est bien le mot. Sagissant de panurgisme, ce ne sera pas la première fois ni hélas la dernière que je vais me pencher sur le quotidien de mon quotidien, celui qui, comme moi, se trouve dans lil du cyclone Iterien, à cette différence que lui sen délecte benoîtement. Ainsi nous promet-il les étoiles. Et la lune avec.
Pour nous en tenir à la Une, en voici une lecture entre les titres, là où se dégage le sens caché des choses, là où les rapprochements semblent hasardeux. Voyons cela

Que manque-t-il parfois à la presse pour donner à comprendre la complexité du monde ? Et du même coup pour chercher un sens à la marche de ce même foutu monde ? Et ainsi se trouver une légitimité en répondant au droit à linformation des citoyens ? Parfois, les éditorialistes remplissent une telle fonction, justifiant une pratique journalistique à base de collages hétéroclites. Après tout, le Lecteur est assez intelligent pour se forger son opinion ; on nest pas là pour lui dicter sa pensée A lui de relier entre elles les bribes que nous lui lâchons.
Intelligent le Lecteur, soit. Mais informé ? Sinon, doù viendrait ce besoin de savoir, de comprendre ? Mais linformation est bien une mise en forme un habillage non neutre dune perception de la réalité. Savoir cela, dispense le journaliste de toute prétention infatuée et, au contraire, loblige à une prise de hauteur, à un recul questionnant. Ainsi ne verra-t-il pas le monde par un seul bout de la lorgnette.
On a beau dire que cette vision à base de doute méthodique constitue la base du métier dinformer On a beau le répéter, elle nen est pas pour autant ancrée dans les pratiques professionnelles. Cest une lutte de chaque jour qui oblige les rédactions à une vigilance soutenue.
Sil est une chose que vont apporter au journalisme les outils de linternet, des blogs et compagnie, ce sera cela, sans aucun doute : cette veille active exercée par un lectorat exigeant. Jusquà présent, on ne pouvait que râler, se fendre dune protestation en cas de , espérer une hypothétique parution plus ou moins caviardée et re-commentée non sans avoir mis sous enveloppe avec un timbre et détour parla poste Tout un bastringue dissuasif. Bientôt sans doute, comme aujourdhui sur nos blogs, la moindre ligne pourra être commentée, amendée, contestée, discutée, rectifiée, enrichie, exprimée, etc. Le moindre article sera passé au filtre à charbon ardent modèle « 29/05/05 ». Et ce sera tant mieux pour la fonction journalistique et sa renaissance salutaire.
Je lai déjà dit en rigolant à peine : La Provence devrait mallouer une rente pour le service que je lui rends ici par ce regard critique
Mais je la refuserais. Par indépendance.
→ Afin de regrouper les commentaires, merci de "poster" les vôtres sur "C'est pour dire".