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27 juin 2005 1 27 /06 /juin /2005 22:00

« Vu à la télé », et salement dézingué !


Je viens de me délecter de deux excellents papiers glanés sur la toile et, plus précisément, sur le site collectif franco-italien de Bella Ciao qui comporte une riche rubrique médias – sans parler du reste.

 

Première étape, un long papier de Danielle Bleitrach consacré à la dernière émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » dans laquelle s’est fourvoyé un Mélenchon qui, semble-t-il, fut littéralement cloué au pilori télévisuel. Qu’allait-il faire dans cette galère ? La question reste centrale s’agissant de ces shows (celui d’Ardisson en tête) qui pervertissent tout propos jusqu’au divertissement – c'est bien le but : détourner de l'essentiel. Pourquoi des politiciens aiment-ils s’y montrer, hein ? L’auteure aborde d’ailleurs la question en passant, mais concentre son analyse sur la forme médiatique du pseudo débat – pseudo en lui-même et pas seulement du fait qu’il soit mené par des amuseurs et non pas par des journalistes (la nuance n’est en l’occurrence qu’anecdotique).

On n’est pas obligé non plus de regarder ces conneries qui encombrent la télé. Mais si on le fait – ça m’arrive –, autant que ce soit aussi pour prendre plaisir à en comprendre les mécanismes. C’est ce qu’a fait Danielle Bleitrach, par penchant professionnel de sociologue. « Entendre les "bobos" à 2500 euros de loyer mensuel crier "à la déportation" en banlieue est riche d’enseignement sur l’évolution de la société française. », ainsi démarre-t-elle une pertinente analyse sur la fin de la « moyennisation » de la société qui avait permis de vraies avancées sociétales. « Face à cette situation, poursuit-elle, le monde paillettes et strass ne voit d’issue que dans le maintien de ses privilèges et donc dans l’accentuation du mépris des pauvres, qu’il s’agisse de ceux des pays occidentaux, que de ceux du Tiers-Monde. Ils vivent dans le danger permanent des hordes barbares. » « Si l’on ne mesure pas cette évolution sociétale, on ne perçoit pas en quoi ce personnel médiatique, ce petit monde de la presse est contraint à être ce qu’il est. Au niveau le plus général, celui de la piétaille journalistique, les conditions sont comparables à celles des salariés diplômés et qualifiés avec l’extension du chômage et de la précarité. Mais si l’on veut atteindre la direction du Système, participer aux allées du pouvoir, il faut payer son écho de corruption. C’est un monde soumis à une terrible concurrence pour ne pas tomber de "la charrette". »

Voilà pour aujourd’hui, je ne vais pas tout vous recopier, non ! Cliquer ici [Les enseignements d’une émission détestable – 26/06/05] ça vaut le coup – on dirait du « c’est pour dire » mais autrement – enfin, si j’ose dire…

Deuxième étape, d’un tout autre genre : un article du n°24 de CQFD (Ce qu’il faut détruire), intitulé « Le “Oui” repasse en tête ». Un délice de papier dans la tradition des grands pamphlets « à la française »  qui se perpétue depuis des siècles – au moins depuis le XVIIIe. Pas de références plus précises qui exposeraient Olivier Cyran à un dommageable gonflage d’ego. J’en ai trop dit, voyez ce début, et poursuivez si le cœur vous en dit, par la magie d’un clic :

« Deux jours après la grosse baffe du 29 mai, Christine Ockrent tenait salon sur France 3. Tout l’ancien régime y était réuni, rose et poudré comme à Versailles, continuant à déguster du Oui comme Marie-Antoinette de la brioche : un maître-sondeur (Stéphane Rozès), un expert aux cheveux oxygénés (Pascal Perrineau), un directeur d’opinion (Serge July), un socialiste (Pierre Moscovici) et quelques autres qui leur ressemblaient comme deux gouttes de verveine. L’un parlait du « front de la conservation sociale » forgé par les électeurs du Non, un autre postillonnait sur leur « xénophobie », un troisième s’affligeait de l’ère glaciaire qu’allait connaître l’Union européenne. Leur baratin déjà mille fois ressassé, mille fois réfuté, et que les urnes venaient de disqualifier pour de bon quarante-huit heures plus tôt, ils nous le resservaient comme au premier jour, vivifié par leur appartenance toute neuve à une minorité rebelle quoique archi-dominante. L’esprit pionnier de Lafayette...

« Cependant, nos marquis se targuant de causer au nom de la démocratie, au point de se confondre totalement avec elle, ils s’avisèrent que le « camp du Non » avait bien droit à un tabouret au bout de la table, près du rince-doigts en faïence et du crachoir Louis XV. Non bien sûr qu’il faille accorder le moindre crédit à ce que peuvent dire les vilains, les hétéroclites, les « extrêmes qui se touchent », les trop-Français, les pas assez-Français. Mais quand même, malgré les maladies vénériennes dont ils sont porteurs, malgré la bouse qui leur colle aux semelles, malgré leur rigidité fruste, leurs acquis sociaux fétides, leur peur irrationnelle du changement, ces gens-là existent. Rappelle-moi, ils ont même gagné une élection, non ? Alors il faut faire avec. Un peu, pas trop, presque pas. Juste assez pour égayer le banquet. C’est là où la décadence aristocratique toucha au sublime. Car qui reçut des mains de la douairière Ockrent le titre d’ambassadeur de la France des 55 % ? Sur quel bouffon l’amicale des seigneurs allait-elle se venger de la fronde référendaire ? Coupons court au suspens : Jean-Claude Bailly ! Oui, le patron de Force Ouvrière. Petite chose toute molle, sauf le respect. Bonne tête à claque, piètre orateur. Chaque fois qu’il hasardait un mot sur la « dimension sociale » du vote, la dinde Ockrent lui volait dans les plumes en caquetant : « ah ça, mais !... » Le Bailly en était tout ébahi. Pas moyen de finir une phrase. Dès qu’il gonflait les joues, l’autre lui claquait le bec. On ne l’a même pas vu partir.

« Ce qu’on a vu par contre, et avec fascination, c’est l’application avec laquelle les poudrés entreprirent de ne pas « se couper » totalement du peuple. Le peuple avait ses raisons, après tout. [… suite…]

→ Afin de regrouper les commentaires, merci de "poster" les vôtres sur "C'est pour dire".

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